Julie Dufour rappelle que le glissement de terrain de Saint-Jean-Vianney a entraîné plusieurs changements au niveau de la sécurité civile, mais aussi pour la sécurité publique. De nouvelles normes ont été établies et c’est à partir de ce moment que la cartographie des zones à risque pour les glissements de terrain a commencé.
Julie Dufour rappelle que le glissement de terrain de Saint-Jean-Vianney a entraîné plusieurs changements au niveau de la sécurité civile, mais aussi pour la sécurité publique. De nouvelles normes ont été établies et c’est à partir de ce moment que la cartographie des zones à risque pour les glissements de terrain a commencé.

La première phase de mise en valeur de Saint-Jean-Vianney bientôt lancée

Mélanie Côté
Mélanie Côté
Le Quotidien
Le trou est maintenant difficile à voir, la végétation a pris beaucoup de place, mais l’histoire du glissement de terrain de Saint-Jean-Vianney, survenu en 1971, est encore bien vivante. Au cours des prochaines semaines, la première phase du plan de mise en valeur et de reconnaissance comme site géologique et historique exceptionnel sera enclenchée. Le but est d’inaugurer les nouveaux aménagements lors des commémorations du 50e anniversaire, le 4 mai 2021.

Un mémorial en hommage aux 31 victimes et à la tragédie sera construit, des sentiers pédestres ceinturant les limites du glissement de terrain seront aménagés, et un piquetage sera effectué pour bien délimiter le site. Le coût de la première phase s’élève à 350 000 $. Dans les étapes suivantes, il est notamment prévu d’aménager une aire de stationnement et la voie principale d’accès au village, de marquer la trame résidentielle avec les noms de rue, entre autres choses, et de construire une tour d’interprétation donnant une vue sur l’ampleur du site. Les rues seront aménagées pour permettre aux piétons d’y circuler, et non les véhicules.

Le mémorial sera en pavé sur le sol et un relief en trois dimensions s’élèvera au centre. Du haut des airs, il sera possible d’y voir la fissure de la rivière, et l’écoulement de l’eau de pluie se fera de la même façon que lors du glissement de terrain. La conseillère municipale de Shipshaw, Julie Dufour, dit travailler sur ce dossier depuis sept ans. Elle souhaite un projet éducationnel qui permettra à la population de se réapproprier le territoire et accorde beaucoup de crédit à la Corporation pour la revitalisation du territoire de Saint-Jean-Vianney, laquelle a mis énormément de temps dans le projet.

« C’est la tragédie naturelle la plus meurtrière au Canada, a-t-elle rappelé, lors d’une visite des lieux, mercredi. Du côté de la Ville et même régionalement, on passerait à côté de quelque chose de ne rien faire sur le site. Je pense qu’il y a un réel intérêt pour le géotourisme. »

Julie Dufour croit même que le site pourrait devenir un pôle touristique international majeur.

« Deux glissements de terrain au même endroit, c’est unique au monde. C’est le seul glissement de terrain à être survenu dans un glissement de terrain », a-t-elle dit.

En effet, un tremblement de terre survenu en 1663 avait entraîné des glissements de terrain. Le secteur des Terres-Rompues – un nom encore utilisé aujourd’hui – tient son appellation directement de cet événement.

La zone à l’étude pour le plan de mise en valeur s’étend sur 381 hectares – le trou du glissement de terrain représente quant à lui 32 hectares. Cette vaste zone se divise en cinq secteurs offrant des caractéristiques spécifiques : le secteur historique, le secteur des activités motorisées, le secteur forestier, le secteur de conservation et le secteur des rivières aux Vases et Saguenay.

Julie Dufour rappelle que le glissement de terrain de Saint-Jean-Vianney – considéré comme un événement historique et géologique – a entraîné plusieurs changements au niveau de la sécurité civile, mais aussi pour la sécurité publique. De nouvelles normes ont été établies et c’est à partir de ce moment que la cartographie des zones à risque pour les glissements de terrain a commencé.

La conseillère municipale mentionne que l’Université du Québec à Chicoutimi joue un rôle important dans le dossier, notamment en ce qui concerne les activités de recherche liées à la géologie et à la faisabilité de l’aménagement proposé. Une vingtaine d’entrevues ont également été réalisées avec des historiens, des travailleurs sociaux et des gens qui ont vécu le glissement.

Année de commémoration

L’année 2021 en sera une de commémoration pour la population du Saguenay–Lac-Saint-Jean. En effet, en plus de souligner le 50e du glissement de terrain de Saint-Jean-Vianney, ce sera également le 25e anniversaire du déluge de 1996. Deux événements qui ne pourront être passés sous silence, a convenu Julie Dufour.

+

Trou de boue

Selon le plan de mise en valeur du secteur de Saint-Jean-Vianney, le trou de boue est maintenant zoné récréatif, tout comme la piste de motocross, puisque la Ville de Saguenay a obtenu l’autorisation de la Commission de protection du territoire agricole du Québec. 

Cependant, aucun promoteur ne s’est manifesté pour l’exploiter, explique la conseillère municipale du secteur, Julie Dufour. « La volonté du conseil est de permettre la tenue d’activités, mais dans un cadre sécuritaire et avec des assurances. »

Grossière indécence

La conseillère Julie Dufour demande aux citoyens qui sont témoins de gestes de grossière indécence dans le secteur de Saint-Jean-Vianney d’appeler les policiers. Oui, il y en a encore, et elle souhaite une occupation respectueuse du territoire. C’est pour cette raison que les policiers vont parfois y faire des rondes de surveillance. Lors du passage du Progrès, plusieurs véhicules ont en effet été rencontrés dans les petits chemins boisés.