Chaque mardi, la chambre froide du Café jeunesse se remplie. Des produits de toutes sortes sont disponibles pour répondre aux besoins.

La population régionale a faim

En 2018, Moisson Saguenay–Lac-Saint-Jean a reçu 44 810 demandes d’aide alimentaire. Chaque mois, 8454 personnes reçoivent une aide liée à l’alimentation sur le territoire régional. Seulement à Chicoutimi et ses environs, 13,6 % de la population vit de l’insécurité alimentaire. Un chiffre en augmentation et une réalité qui n’a plus de visage particulier.

Le mardi, c’est jour de dépannage alimentaire au Café-Jeunesse de Chicoutimi, qui vient en aide aux personnes âgées de 18 à 30 ans. Et chaque mardi matin, un vaillant bénévole se charge d’aller chercher la cargaison de nourriture chez Moisson Saguenay. Si la chambre froide est vide le mardi matin, elle se remplit en peu de temps. Mais la nourriture n’y reste pas très longtemps non plus.

Marie-Michèle Rancourt, du Café-Jeunesse de Chicoutimi, et Janick Meunier, coordonnatrice du Service de travail de rue de Chicoutimi, expliquent que les demandes de dépannages alimentaires sont en constante augmentation.

Chaque année, seulement sur le territoire de Chicoutimi, 10 500 dépannages alimentaires sont octroyés, notamment par le Café-Jeunesse (pour les 18 à 30 ans) et par le Service de travail de rue (31 ans et plus). D’ailleurs, la coordonnatrice des travailleurs de rues de Chicoutimi, Janick Meunier, explique que l’insécurité alimentaire n’a plus de visage.

« Nous voyons de plus en plus d’aînés et d’étudiants, ce qui était moins commun auparavant. Et nous recevons aussi des personnes avec des salaires de 60 000 $, mais qui vivent des périodes difficiles, comme une perte d’emploi, la maladie ou une séparation, par exemple. L’insécurité alimentaire peut toucher tout le monde et c’est ce que nous constatons de plus en plus », a expliqué Mme Meunier. Les immigrants figurent également parmi la clientèle des deux organismes.

« Le service de dépannage a commencé en 2014 au Service de travail de rue. À cette époque, nous avions entre 20 et 30 demandes par semaine. Aujourd’hui, on parle d’une centaine de dépannages hebdomadairement. Au début du mois, nous offrons environ 80 dépannages et à la fin du mois, ça monte à 130 », souligne Janick Meunier.

Au Café-Jeunesse, situé sur la rue Jacques-Cartier Ouest, l’organisme a aménagé une chambre froide au sous-sol pour répondre à la demande. La salle est munie de garde-manger et de quatre réfrigérateurs. Chaque semaine, les gens n’arrivant pas à joindre les deux bouts viennent chercher des denrées, qu’ils choisissent selon leurs besoins.

Sur le territoire de Chicoutimi seulement, 10 500 dépannages alimentaires sont octroyés.

Viande, fruits et légumes, produits sanitaires, produits céréaliers, pâtes alimentaires, conserves, nourriture pour bébés, produits laitiers et condiments ; l’organisme essaie de répondre le plus possible aux besoins des gens. Chaque semaine, le Café-Jeunesse reçoit entre 600 et 900 kilos de nourriture.

« Le coût de la vie est de plus en plus élevé et celui du panier d’épicerie ne cesse d’augmenter. De plus, certaines personnes vivant en périphérie de la ville ou directement dans le centre-ville n’ont pas vraiment accès aux grandes surfaces, qui permettent d’économiser. Si quelqu’un utilise 6 $ pour aller magasiner en autobus, ce n’est pas plus rentable. C’est donc important que des organismes desservent ces territoires », explique de son côté Marie-Michèle Rancourt, du Café-Jeunesse de Chicoutimi.

« Il y a plusieurs facteurs liés à l’insécurité alimentaire, et le transport en fait partie », a ajouté Mme Rancourt.

Élaborer des stratégies

À la fin du mois de février, une trentaine d’intervenants se sont rassemblés pour faire le point sur la situation du dépannage alimentaire à Chicoutimi.

Organisé par le Comité sécurité alimentaire de Chicoutimi, la journée avait comme objectifs de réfléchir aux services offerts et aux enjeux, de développer des stratégies d’actions communes et d’optimiser les services afin de mieux répondre aux besoins de la population en matière de dépannage alimentaire.

Au terme de la journée, le Comité sécurité alimentaire repart avec le mandat de développer les stratégies qui ont émergé de cette réflexion collective. Le financement des ressources nécessaires demeure l’enjeu majeur de cette démarche. Le défi principal est de répondre à tous les besoins de la population.

« Cette journée de bilan et de réflexion collective permet aux organismes de mieux connaître les services en dépannage alimentaire, mais surtout de faire naître des solutions aux problématiques actuellement vécues », confirme un membre du Comité sécurité alimentaire de Chicoutimi. 

Sur le territoire de Chicoutimi seulement, 10 500 dépannages alimentaires sont octroyés.

Le prix du panier d'épicerie en hausse

• En 2019, la famille canadienne moyenne (deux adultes et deux enfants) dépensera 12 157 $ en alimentation, soit 411 $ de plus qu’en 2018. En 2018, le coût du panier d’épicerie avait augmenté de 211$ par rapport à 2017.

• C’est le prix des légumes qui connaîtra la plus importante hausse, soit entre 4% et 6%. Une baisse du coût de la viande est toutefois anticipée (1% à 3%)

• Selon les prévisions, le prix des aliments, toutes catégories confondues, augmentera de 1% à 3% en 2019.

Source: Rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation de l’Université Dalhousie et de celle de Guelph