En plus de vérifier les équipements dans l'embarcation, les policiers s'assurent que les plaisanciers ont bel et bien un permis et une plaque d'identification du bateau.

La police plus présente que jamais

Les policiers sont plus présents que jamais sur les plans d'eau du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Après plusieurs années de sensibilisation et de prévention, la Sûreté du Québec passe en mode action. Depuis déjà quelques semaines, les patrouilleurs nautiques ont tenu plusieurs opérations sur l'eau pour punir les contrevenants. Près d'une cinquantaine de constats d'infraction ont été donnés cette saison. Et ce n'est qu'un début.
«On fera plusieurs opérations tout l'été. Et cette année, on donne en effet une bourrée pour passer le message. Car l'éducation est une juste partie entre la prévention et la répression. Il faut commencer doucement. Les gens savent maintenant qu'on est sur les lacs et rivières. On passe donc à un mode plus actif», laisse entendre Hugues Beaulieu, coordonnateur interpostes nautique de la Sûreté du Québec.
Et les policiers ne sillonneront pas seulement le lac Saint-Jean. Les plans d'eau moins surveillés dans le passé seront visités, assure le coordonnateur nautique.
«On va faire des lacs et des rivières où les gens ne s'attendent pas vraiment à nous rencontrer. Par exemple, récemment, on a navigué sur le lac Labrecque. On prévoit se rendre bientôt sur la rivière Mistassini, où on a eu des appels concernant des fêtes sur des îles», affirme M. Beaulieu.
Alcool
L'alcool fait partie des priorités de l'équipe nautique de la SQ. Au Québec, il n'est pas interdit de consommer de l'alcool à bord d'un bateau. Le conducteur ne doit cependant pas dépasser la même limite permise sur les routes, soit 80 milligrammes d'alcool dans 100 millilitres sang. Les sanctions sont d'ailleurs les mêmes qui sont prévues que pour les automobilistes.
Les policiers inviteront par contre les plaisanciers à éviter toute consommation à bord d'une embarcation. Certains facteurs, dont le soleil, les mouvements du bateau et le vent peuvent intensifier les effets. Et près de 40% des accidents sur l'eau sont liés à la consommation de boissons alcoolisées.
Sur l'eau comme sur les routes, les policiers se basent essentiellement sur les mêmes critères pour faire passer un ivressomètre.
«C'est plus difficile de faire marcher une personne dans son bateau. Mais on regarde les mêmes choses, dont le langage, l'odeur, les yeux. Il y aura également des opérations sur quai, dans les marinas de la région. On laisse arriver les plaisanciers, et on les regarde débarquer», prévient le responsable nautique à la Sûreté du Québec.
Les médias étaient d'ailleurs invités, hier, à assister à une opération sur les eaux du lac Saint-Jean. Les policiers ont intercepté deux embarcations pour vérifier la consommation des conducteurs, mais également leurs équipements.
Marcel Gagnon a été le premier interpellé par M. Beaulieu. Les policiers ont vérifié s'il avait à bord tous les équipements obligatoires, dont un extincteur, des gilets de flottaison, une lampe de poche, etc. Le plaisancier avait tout, sauf des feux pyrotechniques en cas de détresse.
«Pour les feux, je ne le savais pas. On m'avait dit que ce n'était obligatoire que pour les bateaux de 22 pieds. Mais je vais aller m'en procurer. La sécurité, c'est important», répond le plaisancier, qui a bénéficié d'un avertissement de la part des policiers.
Le second navigateur intercepté, Christian Brillant, a réalisé un sans-faute après vérification. Ce qui est rare, selon Hugues Beaulieu.
«Dans la grande majorité des cas, il manque toujours un équipement, que ce soit une écope ou une ligne d'attrape ou même les piles dans la lampe de poche. On n'a pas beaucoup de sans-faute jusqu'à maintenant», laisse-t-il entendre.
«Les gens attendent parfois un drame pour se prémunir de tous ces objets. L'autre jour, une dame nous racontait qu'elle s'était échouée près d'une île et la brunante arrivait. Elle avait crié toute la journée et elle avait perdu la voix. Sa lampe de poche ne fonctionnait plus. Et avec un sifflet, on l'aurait entendu. Maintenant, elle vérifie à chaque sortie qu'elle bel et bien son sifflet et que sa lampe de poche fonctionne», raconte Hugues Beaulieu.