À la suite d’une plainte d’un voisin, les chats de Christine Keil n’ont plus le droit d’être en liberté dehors. Elle doit les tenir en laisse. Garfield s’est adapté rapidement à cette nouvelle réalité.

La police débarque pour des chats en liberté à Jonquière

Trois familles de Jonquière, habitant dans un rond-point comptant sept résidences, n’ont plus le droit de laisser leurs chats dehors.

Le 24 octobre dernier, la police débarquait à leur domicile pour leur annoncer qu’ils risquaient une amende, à la suite d’une plainte de voisin.

Le plaignant dit que ses plates-bandes ont été endommagées par les chats de ses voisins. Si les familles ne s’ajustent pas, elles pourraient recevoir une première amende de 150 $ à 300 $. Christine Keil, qui habite avec ses parents de 80 ans, avoue que cette visite a causé un gros stress à son père et à sa mère. « En voyant le policier cogner à leur domicile, mes parents croyaient que quelque chose de très grave venait de se produire », explique Mme Christine.

La dame, qui est propriétaire de deux chats de 15 ans, déplore la façon de communiquer de son voisin, dont elle ignore l’identité, qui a brisé totalement le climat harmonieux du quartier. « Ça fait dix ans que je reste ici. Il aurait pu venir me voir, j’aurais pu arranger les dégâts et trouver des solutions pour éviter que ça se reproduise », mentionne la Jonquiéroise.

D’ailleurs, l’an passé, des moufettes et des ratons laveurs tentaient de creuser sous le garage de Mme Keil. Elle a mis des boules à mites et le problème s’est réglé. « Je les vois encore passer sur mon terrain et je ramasse même leurs besoins à l’occasion, mais ça ne me dérange pas », souligne-t-elle.

Brownie ne peut désormais plus se promener librement dans le voisinage.

Cette semaine, la dame est allée voir un avocat qui lui a confirmé qu’il existe bel et bien un règlement municipal à Saguenay qui stipule que le gardien d’un animal est tenu d’exercer sur cet animal une surveillance adéquate de façon à ce que ce dernier ne puisse errer dans les rues ou endroits publics ainsi que sur les terrains privés sans le consentement du propriétaire ou occupant d’un tel terrain. Il est de sa responsabilité que l’animal ne cause pas de dommage aux aménagements paysagers et autres infrastructures n’étant pas sa propriété.

Évidemment, au niveau des propriétaires de chats, plusieurs contreviennent à ce règlement et tout va bien, jusqu’à ce qu’une plainte soit déposée.

Si le dossier va plus loin, le plaignant devra prouver que les chats qui errent sur son terrain sont bel et bien ceux de ses voisins.

Garfield et Brownie chassaient énormément de souris, ce qui faisait le bonheur d’un autre voisin qui n’a pas de chat et qui était bien content de voir les chasseurs s’attaquer à l’indésirable vermine. Il faut dire que derrière les maisons, une coulée est devenue le terrain de chasse de nombreux félins.

« On dit aussi que les chats stérilisés repoussent les chats errants. Mes chats contribuaient peut-être aussi à réduire le nombre d’errants. » On ne peut pas jurer qu’il y a un lien, mais juste hier, en travaillant sur son terrain, le père de Mme Keil a vu passer quatre chats errants qui n’appartiennent à personne.

Solutions

Depuis le 24 octobre, les chats de la famille Keil ne vont plus dehors. Ça faisait cinq ans qu’ils bénéficiaient de cette permission spéciale. Mme Fiel a ressorti tous leurs jouets et elle prévoit acheter un arbre à chats pour permettre à ses chats de bouger autrement. « Je me suis rendue chez le vétérinaire pour acheter des harnais et des laisses sécuritaires pour promener Garfield et Brownie dehors », ajoute Mme Fiel. L’équipe lui a donné de bons trucs pour bien intégrer ses nouveaux outils.

« Garfield a appris très rapidement et il miaule pour me faire comprendre qu’il veut aller marcher dehors. Je ne le laisse jamais attaché seul. Je marche avec lui comme on le fait avec un chien. » Pour ce qui est de Brownie, elle a plus de misère à s’habituer à cette nouvelle vie. « Pour l’instant, elle accepte plus ou moins le harnais et elle dort beaucoup », conclut la femme de Jonquière.