Michaël Delisle, de Shipshaw, a reçu des mains du directeur du SPS, Denis Boucher, un certificat de reconnaissance pour sa participation à retrouver un enfant perdu en forêt.

La police de Saguenay honore un citoyen

Le 12 mai dernier, Michaël Delisle, de Shipshaw, avait toutes les raisons pour demeurer bien assis dans sa maison en compagnie des membres de sa famille. Mais lorsqu’il a su qu’un enfant de neuf ans, autiste de surcroît, était disparu en forêt, il n’a pas hésité un instant à partir à sa recherche.

Environ 30 minutes plus tard, M. Delisle a retrouvé l’enfant, qui était en bonne santé et en bonne condition physique. Il a pu le remettre à ses parents. Et mardi, le directeur du Service de police de Saguenay (SPS), Denis Boucher, l’a honoré en lui remettant un certificat de reconnaissance, afin de souligner son initiative.

Ce dimanche du mois de mai, des parents inquiets communiquent avec le 911 pour leur signaler la disparition de leur enfant. De plus, le petit n’est pas du coin et ne connaît pas les boisés et la forêt du secteur.

« Au moment où nous avons eu le signalement pour la disparition de l’enfant, nous avons dépêché une quinzaine de policiers sur les lieux et nous avons demandé l’aide des pompiers, car l’endroit regorge de marécages et la rivière Shipshaw se trouve à proximité. Les ambulanciers se sont rendus sur place aussi et des policiers en civil sont venus prêter main-forte », précise Martin Doucet, policier de Saguenay et instigateur pour la remise du certificat.

Michaël Delisle a aidé les policiers en participant aux recherches.

« Un peu avant les recherches, des gens avaient demandé à M. Delisle s’il avait vu un enfant dans le secteur. Lorsque le citoyen a vu le déploiement policier, il s’est rendu compte que quelque chose se passait. Informé de la situation, il a pris la décision, avec sa famille, de partir à la recherche de l’enfant dans le bois derrière chez lui dans une zone que nous n’avions pas encore explorée », a poursuivi M. Doucet.

Et sa décision a été la bonne. La tombée du jour se pointait et il fallait retrouver l’enfant le plus rapidement possible.

« J’ai décidé de chercher ailleurs que l’endroit où se trouvaient les policiers et les pompiers afin que nous ne soyons pas tous au même endroit. J’étais à environ 100 mètres d’eux. J’ai marché durant une trentaine de minutes et j’ai aperçu l’enfant », a expliqué le citoyen, lors d’une entrevue avec Le Quotidien.

Durant sa marche, qui se faisait tranquillement et à petits pas, M. Delisle entendait la voix du papa de l’enfant l’appeler. Lorsqu’il a repéré le petit, il a même remarqué que celui-ci répondait à son père, mais que sa voix ne pouvait porter suffisamment pour être entendue.

Michaël Delisle a aidé les policiers en participant aux recherches.

« Je lui ai parlé. Je ne savais pas comment il était pour réagir. C’était la première fois que je croisais un enfant autiste. Je suis allé le rejoindre en contournant un marécage et je l’ai rassuré. Je suis parvenu à le ramener. Je devais tout le temps lui parler, car il avait tendance à repartir vers un autre chemin », a raconté Michaël Delisle.

Celui-ci n’a pas hésité un instant à partir à la recherche de l’enfant, même si personne ne lui avait demandé de participer.

« J’ai quatre enfants et je ne voudrais certainement pas que ça arrive à l’un des miens. Et même si je n’avais pas eu d’enfants, j’aurais pris part aux recherches. C’est toujours inquiétant comme situation », a admis M. Delisle.

Le bon citoyen a reçu son certificat de reconnaissance des mains du chef Denis Boucher. Celui-ci était bien heureux de souligner le travail de M. Delisle et de sa famille.

« C’est notre objectif de souligner l’apport des gens. Nous avons besoin des citoyens pour nous aider dans certaines situations », a précisé le directeur de la police de Saguenay.

À la fin de cette journée, le policier Doucet est revenu au Quartier général du SPS et a fait le résumé de la situation à ses supérieurs.

« Son implication n’était pas obligatoire. Il l’a fait de sa propre initiative sans que personne ne lui demande. Il a eu l’instinct en plus d’aller à un endroit où nous n’étions pas au lieu de venir se placer avec tout le groupe », de dire M. Doucet.