Le niveau du lac Saint-Jean a causé la disparition d'importantes sections de la plage Robertson

La plage Robertson grugée par l'eau

De grandes portions de la plage Robertson, à Mashteuiatsh, ont été grugées par l'eau en raison du niveau élevé du lac Saint-Jean.
Sonia Robertson montre la différence de sable sur la plage. Elle ne veut plus avoir ce que Rio Tinto a déjà utilisé comme «sable» de rechargement.
En quelques jours, ce sont deux sections de 150 pieds par 1000 pieds de long de plage qui sont disparues. Des dégâts qui pourraient avoir des conséquences importantes pour le réputé camping. À certains endroits, les vagues ont brisé la plage creusant un écart de plus de deux pieds de hauteur.
La propriétaire, Sonia Robertson, est un peu impuissante devant la situation. «C'est du jamais-vu. C'est la première fois que je vois le lac ci-haut au printemps. Il y a parfois des dommages à l'automne, mais au printemps, c'est décourageant. Nous ouvrons le camping ce week-end, mais pour l'accès à la plage, il va falloir attendre que ça se stabilise pour corriger la situation», mentionne-t-elle.
Elle s'inquiète que les dégâts soient encore pires si le niveau du lac monte au-dessus de 17,5 pieds. Mardi, le niveau était à 16, 5 pieds et la vague causée par la force des vents continue son travail d'érosion. «Si ça continue, c'est un secteur où il y a des arbres qui risquent de tomber. Il parle d'avoir un niveau de 17 pieds au printemps. On ne l'a pas atteint et vous voyez les dommages. Est-ce qu'on va avoir affaire à la même problématique chaque année?», se questionne-t-elle.
Entre les épis, installés il y a plusieurs années, l'eau a fait des avancées importantes. Signe que le lac est haut, on ne voit presque plus les rochers des épis. Il reste un secteur où la plage est intacte. 
Sauf que les dégâts vont jouer sur la capacité d'accueil. D'ailleurs, Sonia Robertson se questionne aussi sur les répercussions pour la saison 2017. «Est-ce que la situation va nous causer des préjudices et jouer sur l'achalandage à la plage? De déplorer la situation, est-ce que ça va nous nuire et faire que moins de gens vont venir? », s'interroge-t-elle.
Rechargement
Pour corriger la situation et éviter des inconvénients d'achalandage, Rio Tinto devra faire du rechargement, avance-t-elle. Sonia Robertson ne veut surtout pas que RT utilise le «sable» qu'elle a déjà utilisé dans le passé. «Ce n'est pas du vrai sable ! C'est du sable de carrière qui est sale. Quand les gens mettent leur serviette blanche là-dessus, elle devient toute noire. En plus, il le tape pour limiter les effets d'érosion. Quand tu te couches là dessus, tu perds la sensation du vrai sable de plage. Ça fait plus un effet d'asphalte», mentionne-t-elle.
Sonia Robertson espérait recevoir la visite d'un responsable de RT pour qu'il puisse évaluer la situation et proposer des solutions.
La multinationale n'a pas été en mesure de faire le point sur la situation de ce secteur de Mashteuiatsh.
Prévisions inchangées
La municipalité de Saint-Gédéon suit la situation du niveau du lac Saint-Jean de très près et va remettre des sacs de sable aux riverains pour aménager des murets.
«La situation est toujours sous contrôle. Nous allons rencontrer les citoyens concernés ce soir (mardi) pour leur expliquer la situation et notre plan de travail pour bien se préparer a d'éventuels problèmes», explique le maire Jean-Paul Boucher.
La municipalité a commandé 25 000 sacs de sable de Montréal. «Nous parlons de murets de 18 pouces. Les gens vont comprendre qu'il vaut mieux se préparer pour protéger leur propriété. Nous sommes en discussion avec Rio Tinto et la Sécurité civile pour être en mesure de bien réagir», a-t-il indiqué.
La municipalité porte une attention particulière aux chemins privés situés en bordure du lac Saint-Jean qui pourraient souffrir de la hausse du niveau du lac. La situation géographique de la municipalité n'aide pas, car les rives font face aux vents dominants. La municipalité va tenir un point de presse jeudi matin pour dresser un bilan de la situation.
Pour certains riverains, c'est l'accumulation de débris sur le bord de la plage qui pose problème. À Saint-Gédéon, on retrouve de tout, des troncs d'arbre, des branches, des pneus, des barils et même des quais transportés à la dérive.
À Alma
De son côté, Alma se prépare au pire pour affronter la forte crue printanière et la hausse probable du niveau du lac Saint-Jean ainsi que les débits élevés des rivières Grande et Petite Décharge. 
Une surveillance accrue est réalisée pour les chemins de la Coopérative, du Domaine-Renaud et de l'Anse.
De plus, une section de la rue Laurier enjambant la rivière Petite Décharge (pont Tranquille) est fermée à la circulation pour une période indéterminée, de même qu'un tronçon de la piste cyclable longeant la rivière dans le quartier Riverbend. 
«Si la situation l'exige, la Ville d'Alma déploiera son plan de mesures d'urgence et fournira aux citoyens toute l'assistance requise. Dans l'intervalle, les autorités municipales surveillent la situation de près et effectuent les préparatifs nécessaires», mentionne-t-on dans un communiqué.