Le réseau Énergir, autrefois Gaz Métro, ne dispose pas des installations requises pour permettre l’expansion des Serres Toundra de Saint-Félicien.

La pénurie de gaz naturel fait mal

Le distributeur québécois de gaz naturel Énergir n’a pas la capacité de fournir en gaz naturel un projet de grande envergure au Lac-Saint-Jean comme l’agrandissement des Serres Toundra de Saint-Félicien. C’est pourquoi les deux entreprises tentent de trouver des solutions créatives qui permettraient aux propriétaires des serres d’aller de l’avant avec leur deuxième phase d’expansion.

«On est au courant de la problématique, on essaie de voir avec eux les options pour leurs besoins futurs», assure Maude Hébert, conseillère en communications et affaires publiques chez Énergir. 

Cette dernière n’écarte pas l’idée que les serres doivent se tourner vers un autre type de carburant pour accroître leurs activités.

Améliorations du réseau en 2017

Le distributeur, qui s’appelait autrefois Gaz Métro, a terminé la construction d’un centre de compression à La Tuque en 2017 et a mis à niveau celui de Saint-Maurice. 

Ces mesures visaient notamment à augmenter les volumes destinés au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Malgré cela, Énergir ne peut pas fournir les projets industriels qui consomment de grandes quantités de gaz naturel au Lac-Saint-Jean. 

Le réseau gazier suit sensiblement la route 155, après quoi il se sépare en deux, l’un vers Saguenay et ses environs et l’autre vers Saint-Félicien. L’embranchement de Saguenay aurait la capacité de fournir de nouveaux clients, mais celui du Lac-Saint-Jean est plus limité.

«La conduite qui est là dessert déjà plusieurs clients et il y en aurait assez pour un restaurant ou une petite entreprise par exemple, mais on dispose de moins d’espace pour des volumes plus importants», soutient Mme Hébert. 

Un projet toujours en réflexion

L’agrandissement des Serres Toundra doit se faire en quatre phases, la première ayant déjà été complétée. 

La prochaine étape prévoit de doubler la superficie actuelle des installations félicinoises. Comme l’entreprise peine à recruter du personnel, elle souhaite «d’abord assurer un succès avec la première phase» avant de poursuivre son développement, d’après le porte-parole de Produits forestiers Résolu (PFR), Karl Blackburn.  

Ce dernier assure cependant que les principaux actionnaires, dont Produits forestiers Résolu, ont un intérêt pour procéder à d’autres investissements. 

«On est contents des résultats jusqu’à maintenant, mais il reste qu’on fait face à des problèmes de pénurie de main-d’oeuvre. On a réussi à pallier ces enjeux avec les immigrants, mais est-ce qu’on peut assurer une pérennité?», se questionne M. Blackburn. 

Il attribue d’ailleurs une partie du succès actuel des Serres Toundra à l’embauche de travailleurs étrangers, ce qui démontre, selon lui, la rareté de la main-d’oeuvre. 

Karl Blackburn estime qu’Ottawa et Québec doivent poser des gestes concrets afin de régler cette vaste problématique qui touche presque tous les secteurs de l’économie canadienne.