La destruction de l’immeuble situé au 21 Price s'est amorcée jeudi matin.

La page se tourne pour le 21 Price

Amorcée tôt jeudi matin, la destruction de l’immeuble situé au 21 Price à Chicoutimi s’est terminée en fin de journée. À la fois l’amas de débris, mais probablement la fin d’un symbole continuait d’attirer les curieux et de susciter bon nombre de réactions dans le voisinage.

Les gens sur les trottoirs flânaient et les balcons étaient remplis afin d’assister aux derniers coups de godet qui signaient la fin de ce lieu, qui a souvent accaparé l’actualité régionale. L’édifice, qui a connu son lot d’épisodes sordides, n’était plus que décombres lors du passage du Quotidien, vers 16 h jeudi. La page qui était en train de se tourner amenait son lot de commentaires, à la fois parmi les passants, mais aussi les commerçants du secteur.

Gérante du restaurant Joachim situé face au 21 Price, Lynda Gagné y travaille depuis 26 ans. Selon elle, le destin était scellé depuis longtemps en ce qui a trait à l’avenir de la maison de chambres. « Il ne restait plus vraiment de solutions à mon avis. Ce n’était pas logique de rénover cette bâtisse, qui présentait des signes de délabrement. Je n’ai jamais cru que c’était adéquat d’y laisser vivre des gens non plus », précise la dame qui avoue en avoir vu de toutes les couleurs autour du bâtiment au cours des dernières années. Son collègue Mario Jean y a habité en 1978, alors qu’il travaillait au casse-croûte. « À l’époque, c’était un endroit qui avait de l’allure. J’y ai résidé quelque temps et tout allait rondement, à l’époque », a ajouté ce dernier. La situation au 21 Price s’est dégradée au fil des années, prenant fin le 13 décembre dernier alors qu’un incendie avait jeté ses résidants à la rue.

Plusieurs personnes se sont déplacées pour assister à la démolition du 21 Price.

Madeleine Jean prenait sa pause à l’extérieur, curieuse de voir la progression de la démolition. Celle qui tient le commerce Le Barbier coiffeur avec son conjoint Germain Lefebvre était souvent aux premières loges des évènements qui s’y déroulaient, en tant que voisins immédiats du 21 Price. « Depuis 7 h ce matin, le va-et-vient n’arrête pas. Faut croire que ça va passer à l’histoire, cet endroit. Ça fait drôle de voir disparaître cet endroit qui, pour de mauvaises raisons, était au cœur de la vie du quartier », mentionne la coiffeuse qui soulève qu’il sera nécessaire, tôt ou tard, qu’un immeuble offrant des chambres locatives soit de retour au centre-ville.

Les débris de la célèbre demeure où prenaient pension une trentaine de personnes seront vraisemblablement ramassés dès vendredi. « On est soulagés, la démolition s’est bien déroulée. Ce n’est pas une mince tâche pour un édifice de quatre étages », a confié Charles Lavoie, un proche du propriétaire Raynald Pelletier, qui assurait la sécurité sur le site. 

L’avenir du terrain demeure inconnu pour l’instant. De l’aveu de plusieurs commerçants rencontrés, l’espace désormais laissé vacant constituerait un endroit stratégique pour y établir un stationnement, les espaces étant limités dans le secteur.

La destruction de la maison de chambres sise au 21 Price a attiré bon nombre de curieux.
Raynald Pelletier, propriétaire depuis deux ans, Hugues Beaulieu et Julie Maltais, gestionnaires, de même que Laurent Duguay, qui a été propriétaire du 21 Price pendant 20 ans, ont assisté à la démolition du bâtiment.