La motion des conservateurs pour l’industrie forestière rejetée

À la consternation des conservateurs, la motion proposée par leur parti en soutien aux travailleurs de l’industrie forestière a été rejetée par les députés libéraux et néo-démocrates à la Chambre des communes, jeudi.

La motion, qui demandait aussi que le gouvernement fédéral « dénonce les efforts faits par des groupes financés par des intérêts étrangers pour perturber les pratiques forestières légitimes au Canada », a reçu 182 votes contre et 67 pour. Le Bloc québécois a aussi donné son appui.

« Je suis un peu abasourdi. Je ne vois pas ce qui motive la partisanerie, alors qu’on aurait pu au contraire envoyer un signal fort pour protéger l’industrie du bois d’oeuvre », lance d’entrée de jeu en entrevue téléphonique le député de Richmond — Arthabaska Alain Rayes, lieutenant politique au Québec pour le Parti conservateur du Canada.

À son avis, les citoyens ont de sérieuses raisons de s’inquiéter. Le secteur représente des milliers d’emplois au Lac-Saint-Jean, circonscription où le premier ministre Justin Trudeau est en visite jeudi et vendredi. « Pendant qu’il se promenait et qu’il serrait des mains, je ne sais pas s’il était au courant du vote d’importance en cours à Ottawa. C’est à se dire que les libéraux ont peut-être un agenda caché », avance M. Rayes. 

Le conservateur parle aussi de « double discours ». Alors que les négociations pour l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) avec les États-Unis se poursuivent, le député envisage que le gouvernement canadien puisse troquer les demandes pour le bois d’oeuvre et le système de la gestion de l’offre en agriculture pour protéger davantage l’industrie de l’automobile, par exemple.

Alain Rayes rejette également l’argument que la négociation d’un accord sur le bois d’oeuvre soit « trop difficile ». « En 2006, l’entente était à échéance et il a fallu trois mois au gouvernement nouvellement élu pour en négocier une nouvelle. En 2016, Justin Trudeau était invité à Washington avec le président Barack Obama, et il a préféré emmener ses beaux-parents plutôt que ses ministres responsables. Aujourd’hui, on écope du laisser-aller avec le tourbillon Trump, et on se demande comment on va en sortir. »