La Commission scolaire De La Jonquière a distribué des plans de circulation aux parents afin de désengorger l’heure de pointe.

La moitié des élèves absents

La première journée de grève des chauffeurs d’autobus a eu pour effet de faire augmenter de façon importante le taux d’absentéisme dans certaines écoles secondaires. C’est le cas à l’École polyvalente Jonquière, où la direction a enregistré l’absence de 500 à 600 élèves sur les 1100 que compte l’institution.

Dans les écoles secondaires Kénogami et Arvida, entre 40 et 50 élèves ne se sont pas présentés à leurs cours. Dominic Arsenault, porte-parole de la commission scolaire, a indiqué que l’École secondaire Jonquière compte une clientèle importante provenant des municipalités environnantes. Le porte-parole a mentionné qu’avant le déclenchement de la grève, les directions d’écoles ont préparé le terrain en distribuant des plans de circulation autour des établissements aux parents. Pour les dîners, des lunchs froids supplémentaires ont été rendus disponibles ainsi qu’une hausse de la surveillance.

Sur le territoire de cette commission scolaire, 2990 élèves de niveau primaire, soit 64 % du total, et 2798 de niveau secondaire (88 %) sont transportés.

Du côté de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, la porte-parole Claudie Fortin a mentionné que les taux de fréquentation ont été normaux, sauf peut-être du côté de Charles-Gravel, qui reçoit une clientèle de villages un peu plus éloignés comme Sainte-Rose-du-Nord et Saint-David-de-Falardeau.

Les parents des adolescents fréquentant l’École polyvalente Jonquière ont dû venir chercher les élèves à la fin des classes en cette première journée de grève des chauffeurs d’autobus scolaire.

Plus de 12 000 élèves privés de transport

Plus de 12 000 élèves des deux commissions scolaires du Saguenay ont été privés de transport par grands autobus jaunes, lundi, à la suite de la grève générale déclenchée par les chauffeurs. Deux autres journées de grève sont prévues mardi et mercredi.

Tôt lundi, des piquets de grève ont été installés devant les garages d’Intercar et le siège social du transporteur Intercar à Jonquière, respectivement par le Syndicat national du transport écolier du Saguenay-Lac-Saint-Jean et par le Syndicat du transport scolaire du Saguenay (CSN).

Lors de sa tournée des piquets à Chicoutimi, Michel Gauthier, président du syndicat affilié à la FESP-CSN, a mentionné que ses 110 membres ont été nombreux à se présenter devant les cinq garages d’Intercar pour manifester. 

« Aujourd’hui, ce sont 5000 à 6000 élèves qui ne sont pas transportés. Nous avons tenu des rencontres avec des parents qui sont d’accord avec nos revendications. Les gens nous appuient parce que plusieurs croyaient qu’on était plus rémunérés que ça », a indiqué M. Gauthier alors que plusieurs automobilistes klaxonnaient au passage. Du côté de Jonquière, le président Rémi Fortin a tracé un même bilan de la grève en ajoutant qu’aucune négociation n’est prévue pour le moment. M. Fortin a mentionné que le mouvement de grève se transportera mardi à Québec alors que la grève s’étendra à l’ensemble des syndicats n’ayant plus de convention collective. Un grand rassemblement provincial est prévu à Québec. Une soixantaine d’autobus jaunes quitteront Laterrière, tôt mardi matin, pour un grand rassemblement dans la Capitale nationale.

Les chauffeurs d’autobus scolaires ont déclenché la grève pour obtenir une hausse du taux horaire à 20 $.

Des piquets de grève ont été tenus devant les installations d’Intercar, comme ici sur le boulevard Sainte-Geneviève à Chicoutimi-Nord.

Des grèves jugées illégales

(Presse canadienne) — La journée de grève que devaient faire, mardi, 44 syndicats du transport écolier de la CSN n’en touchera finalement qu’« une trentaine », puisque le tribunal a déclaré la grève illégale dans les autres cas.

Cette journée de grève est illégale parce que ces syndicats de chauffeurs d’autobus d’écoliers n’avaient tout simplement pas acquis le droit de grève. Les syndiqués ne peuvent en effet faire la grève lorsqu’une convention collective est encore en vigueur.

Dans sa décision, le Tribunal administratif du travail égratigne la CSN et ses syndicats, laissant entendre qu’ils lui ont fait perdre son temps, puisqu’ils savaient pertinemment qu’ils n’avaient pas acquis le droit de grève et qu’il ne pourrait faire autrement que de déclarer illégale cette grève, dans leur cas.

« Le Tribunal ne peut que déplorer l’utilisation de ses ressources alors que la conclusion de son intervention était de toute évidence, et ce, dès le départ, que la grève annoncée était illégale et que des ordonnances seraient prononcées », écrit la juge administrative Judith Lapointe.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, Denis Marcoux, président de la Fédération des employés de services publics — à laquelle sont affiliés ces syndicats — a admis qu’il savait que la grève n’aurait pas été légale dans le cas de ces syndicats, mais elle lui paraissait « légitime » pour la cause.