Laval Tremblay a passé deux semaines en Éthiopie en octobre dernier.

La mission d’un Saguenéen au Burkina Faso annulée

Les événements des derniers jours au Burkina Faso forcent un Saguenéen à revoir ses plans. Laval Tremblay devait prendre part à une mission de coopération internationale dans le pays d’Afrique de l’Ouest au cours des prochains jours. Celle-ci a été annulée en raison de sa dangerosité. Une première pour celui qui cumule plusieurs dizaines de missions dans différents pays.

La feuille de route de Laval Tremblay compte plusieurs missions. Depuis 1974, il a oeuvré un peu partout dans le monde. Il cumule 18 années passées dans huit pays étrangers dans le cadre de postes à long terme. Des missions de courtes durées (deux à six semaines), il a en fait une soixantaine.

« C’est tout de même la première fois qu’une mission est annulée. Pourtant, je suis allé souvent en Algérie dans des moments où c’était assez rock’n’roll. On avait un accompagnement sécuritaire », explique-t-il au cours d’un entretien téléphonique.

Laval Tremblay connaît particulièrement bien le Burkina Faso. Il y a effectué un premier séjour en 1986 à titre de consultant, puis a oeuvré à l’ambassade du Canada à Ouagadougou de 1991 à 1993. « C’est un des pays où je suis allé le plus souvent. J’y suis allé une dizaine de fois. »

Laval Tremblay est déçu de ne pas pouvoir s’y rendre à nouveau, mais parfaitement d’accord avec la décision qui a été prise. Il devait s’envoler jeudi soir pour le Burkina Faso. Il a appris jeudi matin que la mission avait été annulée.

Laval Tremblay devait passer quatre semaines à Ouagadougou afin d’appuyer une organisation de producteurs agricoles et aider les membres à mieux commercialiser leurs produits. Il devait également aider à rentabiliser leur travail et à mettre en place un système de financement entre les phases de production.

La disparition d’une Canadienne depuis décembre et l’assassinat d’un dirigeant minier canadien a amené l’organisation à annuler la mission. Trois conseillers volontaires présentement dans le pays de l’Afrique de l’Ouest rentreront également chez eux dans les prochains jours.

Laval Tremblay devait oeuvrer avec SACO, un service d’appui canadien qui regroupe des conseillers volontaires qui offrent des services de mentorat et d’expertise-conseil à des clients et partenaires basés dans des collectivités ou des organismes en vue de créer le changement économique et social.

« On finit par être un peu moins nerveux avec le temps, mais il faut être à l’écoute quand Affaires mondiales Canada recommande de ne pas se rendre dans un pays. Cette fois, le niveau d’alerte a été monté d’un autre cran. »

Effectivement, Affaires mondiales Canada recommande d’éviter tout voyage sur le territoire, ce qui signifie qu’il existe un risque extrême sur le plan de la sécurité. « Vous ne devriez pas voyager dans ce pays, ce territoire ou cette région. Si vous vous y trouvez déjà, vous devriez envisager de partir si vous pouvez le faire sans danger », écrit-on sur le site Web.

« C’est certain que c’est une déception. J’avais lu toute la documentation sur le projet. C’est plate, mais je comprends très bien dans les circonstances. On parle de deux cas assez différents. Une personne disparue, c’est une chose. Le cas d’un ingénieur minier enlevé et assassiné le lendemain, c’est une autre chose. Ils ont un système de sécurité assez bien rodé. Quand des gens sont enlevés, c’est habituellement pour une rançon. Quelque chose a dû mal tourner dans le processus pour en arriver là. »

Laval Tremblay ignore quand il retournera au Burkina Faso et quelle sera sa prochaine mission.

« Un pays n’arrête pas d’être dangereux du jour au lendemain », estime celui qui a participé à une mission au Sénégal l’été dernier et qui a passé deux semaines en Éthiopie avec SACO en octobre.