Josée Néron n’a jamais dévié de sa trajectoire, en route vers la mairie de Saguenay.

La même femme qu’avant la politique

Josée Néron occupe une position d’autorité qui fait en sorte que les projecteurs sont inévitablement braqués sur elle. Parfaitement consciente de la place qu’elle occupe, elle ne veut surtout pas cacher sa personnalité derrière son rôle de politicienne.

Mme Néron est la mairesse de la plus grande ville du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Celle qui a succédé à Jean Tremblay à la mairie de Saguenay en est du même coup devenue la première mairesse.

La chef de l’Équipe du renouveau démocratique a eu le temps de faire ses armes à titre de conseillère municipale entre 2013 et 2017. Son parti lui avait d’ailleurs suggéré d’être la candidate à la mairie en 2013 face à Jean Tremblay.

« J’ai dit non, j’ai décidé de suivre mon plan de match pour remplir mon coffre à outils », se rappelle Josée Néron.

C’est d’ailleurs au cours des quatre années de ce mandat que l’actuelle mairesse a senti une certaine pression de l’ancienne administration. Mais pas parce qu’elle était une femme.

« C’est surtout parce que je me tenais debout et que je respectais mes convictions, évoque Josée Néron. Ce que j’avais dit que je ferais auprès de la population, je l’ai fait. Les gens me l’ont énormément reconnu. Ils ont reconnu cette volonté, cette droiture, et je crois que ça a joué dans l’élection de 2017. »

La première dame de Saguenay s’est fait critiquer à quelques reprises pour son approche, perçue à tort par certains. Le temps aura finalement arrangé les choses.

« C’est sûr qu’on a essayé de me coller une image de personne négative, au cours des quatre années à titre de conseillère, mais l’année électorale a eu ça de bon, soutient Josée Néron. Comme femme, parce que je considère que c’est aussi un atout en politique, ça m’a permis de me faire connaître comme personne et de partager ma vision dans ma façon de gouverner avec le conseil municipal. »

Mme la mairesse a comme modèle politique Thérèse Casgrain, première femme de l’histoire canadienne à diriger un parti politique. Sa façon de faire de la politique a inspiré Josée Néron et cette stratégie lui sert encore aujourd’hui. Et pas question pour elle de s’en défaire.

« Elle a su casser un plafond de verre, mais elle l’a fait avec respect et avec dignité, précise Mme Néron. J’ai comme principe que j’avance avec les gens. On ne peut pas penser arriver quelque part et penser tout bousculer, tout détruire. C’est sûr qu’il y a des changements à opérer, mais on doit avancer avec les gens et c’est ce que je fais avec mon conseil et les gens de la fonction publique. »

Avec son titre actuel, Josée Néron reconnaît qu’elle est davantage regardée, épiée. Son genre n’en est toutefois pas la principale raison, selon elle.

« Je sens que les gens me reconnaissent comme étant un phare, un modèle, mais je ne pense pas que ce soit parce que je suis une femme, mais surtout en raison de la position que j’occupe, nuance-t-elle. Comme femme, je le fais à ma façon et c’est certain que c’est différent. »

#moiaussi
Appelée à commenter le phénomène #moiaussi, Josée Néron voue un grand respect pour toutes celles qui ont décidé de lever le voile sur des événements trop souvent gardés sous silence.

« C’est un mouvement parmi beaucoup d’autres qui ont été créés pour dénoncer des situations intolérables, laisse tomber Mme Néron. Je respecte énormément les femmes et toutes les personnes qui ont le courage de dénoncer et de porter le mouvement haut et fort. Je considère que ça a sa place et quand des gens abusent, c’est bien que des mouvements se lèvent et disent que ça doit cesser. »

Comme elle le dit elle-même, Josée Néron est « à priori la mère de cinq enfants, l’amoureuse d’un homme, une personne passionnée dans la vie, une fille qui aime bouger ». Lorsqu’elle a pris la décision de se lancer en politique municipale, elle avait la conviction qu’une femme avait le réel pouvoir de faire changer les choses. Aujourd’hui, elle amorce le changement. Et elle lance un message à celles qui auraient cette même volonté.

« Je suis une personne qui adore relever les défis, une personne d’organisation, qui aime le monde et qui aime avancer avec le monde, émet-elle. Je dis aux femmes qui s’intéressent à la politique de foncer, de ne pas attendre et de vivre vos rêves. La seule limite, c’est vous-mêmes. »