La Maison Colombe-Veilleux à une infirmière de pouvoir rouvrir

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
La Maison Colombe-Veilleux a dû fermer ses portes, au début du mois de mars, faute de personnel soignant disponible. Il faudrait au moins une infirmière supplémentaire pour permettre à la maison de soins palliatifs d’ouvrir à nouveau ses portes.

Le 4 mars dernier, le conseil d’administration avait fait part de sa décision afin de ne pas épuiser le personnel encore disponible, et ce, en attendant que la situation se régularise. Trois mois plus tard, l’organisme ne peut toujours pas rouvrir ses portes.

« Présentement, c’est toujours le même problème, la disponibilité de la main-d’oeuvre au niveau des soins. (…) Il nous manquerait deux infirmières pour combler l’horaire de travail, mais au moins une infirmière pour être capable de se lancer. On serait très fragile et sans marge de manoeuvre », a fait savoir Pierre Hébert, président du conseil d’administration.

« Si on se lance avec des effectifs trop réduits, on n’est plus capable d’opérer dès qu’il y en a une qui manque. On est dans une méchante problématique. »

Le président ne s’en cache pas, cela fait déjà deux ans que des efforts sont déployés afin de résoudre la situation.

Rappelons que l’établissement avait été dans l’obligation d’interrompre ses services pour sensiblement les mêmes raisons une première fois en décembre 2018.

« On essaie de résorber ça. On fait des appels de candidatures. Ça fait deux ans que l’on veut combler une équipe pour être capable d’avoir un peu plus d’air, mais on a beaucoup de difficulté. »

Parmi les initiatives, l’organisme a tenté de mettre en place une banque de dépannage avec du personnel retraité du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS).

« Tout ça est arrivé en même temps que la COVID-19. Ces infirmières ne voulaient pas nécessairement se tremper dans le milieu dans de telles circonstances. (…) Le CIUSS aussi manque de personnel, donc il ne peut pas vraiment nous aider. »

Des campagnes de recrutement sur les réseaux sociaux devraient voir le jour prochainement.

Manque de préposés

À cela s’ajoutent les besoins de personnel dans les CHSLD, qui ne sont pas sans inquiéter le principal intéressé. Pour l’instant, seule la Maison Colombe-Veilleux est fermée dans la région, mais la situation pourrait bien changer.

« Tout le blitz qui se fait pour les CHSLD, pour la main d’oeuvre dans notre coin, j’appréhende ça, car nous autres aussi on a des préposés aux bénéficiaires et on ne les paie pas 26 $ de l’heure. J’ai été en contact avec d’autres maisons de la région et ce n’est pas rose non plus si la main d’oeuvre n’est plus là, surtout si on n’est plus capable de compétitionner avec de pareilles conditions d’emplois. »

En plus des pistes de réflexion étudiées jusqu’à maintenant, Pierre Hébert croit qu’il y aurait possiblement une autre alternative.

« Je me demande si ça ne serait pas au gouvernement de prendre en charge carrément le volet soins et les fondations s’occuperaient simplement des lieux. (…) Je me questionne et ça m’amène à cette réflexion-là. Ça fait quand même plus de 25 ans que je m’implique pour la Maison Colombe-Veilleux. Je ne sais pas trop comment ça va se passer pour l’avenir, et on travaille fort. On ne veut pas mettre la clé sous la porte. »

Omnium Joan Pelchat

Par ailleurs, la Fondation de la Maison Colombe-Veilleux a dû annuler son activité de financement annuelle, qui devait avoir lieu le 15 août prochain.

« C’est notre activité principale de financement. Bon an, mal an, ça rapporte plus de 60 000 $ à la fondation. (…) La deuxième source de financement provient des dons in memoriam des familles dans les salons funéraires », a expliqué le président du CA.

En effet, l’Omnium Joan Pelchat ne pourra se dérouler comme prévu cette année en raison des circonstances liées à la pandémie de COVID-19, et ce, même si le gouvernement a donné le feu vert pour l’ouverture des terrains de golf.

L’incertitude entourant les rassemblements et la période particulièrement difficile vécue par les entreprises et commerces de la région ont convaincu les administrateurs de la Fondation d’annuler l’événement 2020, qui espèrent toutefois être de retour en 2021 pour célébrer le trentième anniversaire de la fondation.

« On a un coussin, mais il ne sera pas éternel. Pour cette année, ça ne met pas le sort de la Maison en péril. »