Josée Néron assure que l’ERD n’est aucunement remise en question. Elle croit au contraire que Saguenay a plus que jamais besoin d’un parti.
Josée Néron assure que l’ERD n’est aucunement remise en question. Elle croit au contraire que Saguenay a plus que jamais besoin d’un parti.

La mairesse Néron ne baisse pas les bras

La mairesse de Saguenay n’est pas en colère ; elle est déçue. Même si Josée Néron a eu l’impression de revenir à l’époque de l’ancien conseil, mercredi, à la présentation du budget, elle n’a pas l’intention de démanteler l’Équipe du Renouveau démocratique (ERD) et encore moins de laisser sa place. Au contraire, elle reste en poste et sera de la course en 2021.

Jeudi après-midi, elle a accepté de revenir sur le rejet du budget. Elle ne peut pas dire si des conseillers visent la mairie, ou s’il y en a qui tâtent le terrain, mais si c’est le cas, elle les invite à être honnêtes.

« On est en démocratie, ils ont le droit de le faire. Je n’ai pas de problème à ce que quelqu’un ait des ambitions. J’ai moi-même été assise autour de la table et avant que Jean Tremblay ne dise qu’il quitte, j’avais annoncé mes couleurs. Ce que j’aimerais, c’est qu’ils jouent franc-jeu, qu’ils le disent maintenant », a laissé tomber Mme Néron, dénonçant que certains conseillers, « comme à l’époque de l’ancien conseil, lisaient des papiers que d’autres leur avaient écrits ».

Josée Néron assure que l’ERD n’est aucunement remise en question. Elle croit au contraire que Saguenay a plus que jamais besoin d’un parti.

Défi et volonté ; c’est ainsi que Mme Néron qualifie son implication en politique. La volonté pour l’engagement et le défi parce que ce n’est pas toujours évident. Et au cours de la dernière année, elle avoue avoir vécu des moments de découragement et de repositionnement.

« Mais pour moi, je ne peux pas être ailleurs qu’ici. C’est un engagement que j’ai pris envers la population et j’entends le maintenir. Et tous ceux qui veulent ébranler la maison, regardez, vous m’avez vue hier (mercredi). J’ai été digne, j’ai été respectueuse de l’assemblée. Il y avait une population qui était là pour permettre un exercice. L’exercice devait se tenir et se tenir dignement. Il y a eu une possibilité pour tout le monde de s’exprimer. Je n’ai pas ramassé personne. »

Selon elle, ce qui s’est passé la veille ne visait pas une personne, en l’occurrence elle, mais plutôt le siège, la position. « Je suis la chef d’un parti et ça, il y en a qui sont incapables. »

Josée Néron assure que l’ERD n’est aucunement remise en question. Elle croit au contraire que Saguenay a plus que jamais besoin d’un parti. « Parce que vous avez vu, malheureusement, hier (mercredi), dans certaines actions, des gens sont là uniquement pour un projet et non pas pour une ville. Cette ville-là a besoin d’une institution qui lui permet d’avoir une vision de développement globale et ça passe par un parti. »

La mairesse prétend qu’avoir un parti, ça demande des efforts avec les conseils d’administration, la paperasse, les rapports, et pour elle, « ce n’est pas un boulet. C’est la démonstration à la population que je veux faire les choses correctement ». Elle mentionne que les quatre membres du parti ont leurs propres opinions, qu’ils ne sont pas toujours d’accord, mais qu’à la base, ils ont les mêmes valeurs et la même volonté pour la Ville. « Un maire au pouvoir avec un programme, on n’en a jamais eu avant. »


« Cette ville-là a besoin d’une institution qui lui permet d’avoir une vision de développement globale et ça passe par un parti. »
Josée Néron
La mairesse Josée Néron avoue avoir eu des moments de découragement et de repositionnement au cours de la dernière année.

Mais en se réunissant, mercredi matin, est-ce que les indépendants ont agi comme les membres d’un parti ? « C’était un parti. Tout à fait. La problématique, c’est que vous avez deux personnes qui ont vraiment créé un vent de panique avec des intérêts distincts. Ce n’est pas pour rien qu’ils ont dit aux autres de ne pas venir s’asseoir de 8 h à 10 h. C’est parce que nous aurions eu le temps de leur expliquer les conséquences, et là, vous auriez eu un vote différent. Une minute avant de monter, il y a des conseillers qui votaient pour le budget », s’est désolée Mme Néron, qui dit avoir appris à mieux comprendre certains collègues dans le tumulte de mercredi.

Déjà du progrès

Selon les informations qui circulent, le conseil aurait déjà eu le temps de régler plusieurs points lors d’une plénière qui s’est tenue à la fin de la séance de mercredi. Un budget très semblable au premier, mais présenté avec une résolution de redressement financier. Le vote se tiendra le 30 décembre.

La mairesse croit que les conseillers qui ont initié ce mouvement devront fournir des explications à la population. « Ils auront à expliquer à la population pourquoi ç’a été un non le 18 décembre, et qu’aujourd’hui, c’est un oui. Certaines personnes auront à expliquer pourquoi, pendant 10 mois, ils ont siégé sur des comités et ont eu l’occasion de donner tous leurs commentaires, proposer des résolutions, mais que c’est arrivé là, en pleine séance publique. »

Josée Néron sentait le mouvement venir depuis la fin de semaine. Et mercredi matin, à la plénière, elle a compris rapidement que les conseillers ne viendraient pas. « N’importe quelle personne compétente dans ma chaise, avec des gens qui changent d’opinion tous les jours, c’est tout un défi de gérer cette ville », laisse-t-elle tomber.