Liz S. Gagné a perdu sa place de présidente de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay dès que la loi 40 a été adopté.
Liz S. Gagné a perdu sa place de présidente de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay dès que la loi 40 a été adopté.

La loi 40 sème la grogne dans la région

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
L’adoption sous bâillon de la loi 40 modifiant la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance scolaire a semé la déception chez les élus scolaires de la région.

La présidente de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, Liz S. Gagné, n’a pas mâché ses mots pour décrire le sentiment qui l’habitait quand elle a appris la nouvelle. « Je suis extrêmement déçu. Ce matin, tous les commissaires et moi-même avons été tassés. Il n’y a rien de bon dans cette décision et dans cette façon d’agir. »

C’est peu après 3 h du matin samedi que le projet de loi a été adopté, après plus de 70 heures de débat au Salon Bleu. La loi 40 met un terme aux élections scolaires et par le fait même, au système démocratique des commissions scolaires. Mme Gagné croit que cette décision n’aidera pas les services offerts aux élèves. « Il n’y aura pas plus de services. Même que l’on va en perdre. On va tout envoyer ça dans la cour des directions générales. C’est inacceptable. » Elle ajoute également que le processus n’est nullement démocratique et équitable. « La loi s’applique seulement aux commissions scolaires francophones. C’est discriminatoire. De plus, ce n’est pas une façon de faire qui est démocratique. »

La présidente de la Commisssion scolaire du Lac-Saint-Jean, Roxanne Thibeault, partage l’avis de Mme Gagné. « Ce n’est pas démocratique. On fait face à un gouvernement dictateur. Selon moi, ce n’est pas le dernier bâillon qu’ils mettront en place. »

Elle aussi a témoigné sa déception envers le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge. « C’est décevant de voir qu’on ne donne pas beaucoup d’importance à l’éducation. J’ai l’impression que ça va être difficile. S’il croit qu’il va faire des économies, il n’en fera surement pas. Il y aura des coûts supplémentaires à ce qu’il est en train de faire », a fait valoir Mme Thibeault.

Elle croit que les commissions scolaires pouvaient faire partie de la solution. « Il aurait dû prendre le temps de nous écouter. On avait des solutions et on avait une ouverture pour une réforme. Il a précipité les choses. Il croyait l’appui des parents, mais il s’est rendu compte qu’il ne l’avait pas. »

Par ailleurs, il s’agissait du quatrième bâillon utilisé par le gouvernement Legault au cours des huit derniers mois, après la loi sur la laïcité, la réforme de l’immigration et la loi sur la déréglementation des tarifs d’Hydro-Québec.