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Tony Tapin, d’Équijustice, croit depuis trois décennie en la justice réparatrice.
Tony Tapin, d’Équijustice, croit depuis trois décennie en la justice réparatrice.

Des résultats satisfaisants

Normand Boivin
Normand Boivin
Le Quotidien
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Après trois années de rodage, Tony Tapin, d’Équijustice, est satisfait des résultats du PMRG.

L’organisme a de l’expérience en matière de justice réparatrice, puisque ça existe déjà pour les jeunes contrevenants depuis les années 70. C’est pour eux, pour les conscientiser à leur crime et à l’importance de réparer les torts qu’on a faits à la société, qu’Équijustice est né. Maintenant, on l’a étendu aux adultes, et ça marche !

Tony Tapin, qui est dans le domaine depuis 31 ans, est impressionné par la réponse des participants.

Il estime qu’une centaine de personnes par année sont passées par le PMRG depuis sa création en 2017, alors que le district judiciaire de Chicoutimi participait à une expérience pilote pour le Québec, la dernière province canadienne à l’implanter.

« Ça prenait une nouvelle façon de voir les choses, ce qu’ont nos jeunes procureurs », explique Tony Tapin.

Tony Tapin, d’Équijustice, croit depuis trois décennie en la justice réparatrice.

Pourvu que la personne soit éligible et que le type de crime le permet, le PMRG peut être demandé par la poursuite ou la défense à n’importe quel moment du processus judiciaire, pourvu que l’accusé n’ait pas encore été reconnu coupable. Des avocats de la défense aussi prennent l’initiative de proposer le programme pour leur client.

Très peu de gens échouent le programme ; deux ou trois pour cent, selon Tony Tapin.

« La très grande majorité sont conscients de la chance qu’ils ont eue d’éviter un dossier criminel et sont très reconnaissants, car on a pris du temps pour eux sans les juger. »

« Les gens sont très ouverts et veulent même rencontrer leur victime, mais souvent, ce sont elles qui ne veulent pas. »

En revanche, il y en a toujours qui font preuve de mauvaise foi. « Quand le dossier n’avance pas et que les personnes ne collaborent pas, leur dossier est retourné au procureur et le processus judiciaire reprend. »

Marie-Christine Michaud, coordonnatrice et porte-parole du réseau des CAVAC.

Pour l’instant, le nombre de crimes éligibles au PMRG est limité, mais il est question de l’étendre à des infractions un peu plus graves. Celles que l’on voit le plus souvent actuellement sont des vols à l’étalage, des menaces et des voies de fait simples (sans blessures).

« On nous encourage à l’utiliser, reprend Me Mélanie Paré. Il y a encore de la place. On s’en va vers ça. »

Confiance

Le PMRG est trop nouveau pour permettre au réseau des Centres d’aide aux victimes d’actes criminels d’en tirer de grands enseignements généraux quant au taux de participation ou la satisfaction des victimes. Toutefois, souligne Marie-Christine Michaud, porte-parole et coordonnatrice du réseau, « l’un des principaux besoins d’une victime d’infraction criminelle est avoir de l’information. Et on peut dire que le fait qu’elle puisse s’exprimer dès le début du processus du PMRG, ça participe à lui donner confiance dans le système de justice. »

Mme Michaud rappelle qu’avant le jour où il est victime d’une infraction criminelle, un citoyen connaît peu de choses sur le système de justice. Les procureurs de la poursuite, de la défense, les sentences... tout ça reste du chinois. « La personne peut avoir des craintes, de la colère, être traumatisée... nous, on lui dit que c’est tout à fait normal. Nos intervenants sont formés en post-trauma ; ce sont des intervenants psycho-socio-judiciaires et ils sont donc à l’écoute des besoins des victimes. Être entendu et avoir son mot à dire, c’est un besoin essentiel auquel peut contribuer le PMRG. »

Dès que la poursuite communique avec lui pour l’informer qu’un accusé se qualifierait pour le programme, le CAVAC informe la victime en quoi cela consiste, le rôle qu’elle peut y jouer et ce que cela signifie pour l’accusé. On lui dit également qu’elle peut communiquer avec le procureur de la couronne.

« Elle n’est pas laissée à elle-même et c’est ça le plus important », conclut Mme Michaud.