La hache dans le Festival forestier

Des membres du conseil d'administration du Festival forestier de Shipshaw ont mis l'organisation en faillite, hier soir, en l'absence du président Yvon Barrette, qui ignorait les intentions des administrateurs, au même titre que la conseillère municipale du secteur, Julie Dufour. Une véritable onde de choc qui laissait plusieurs questions en suspens, étant donné le contexte nébuleux de cette décision.
La directrice générale du Festival forestier de Shipshaw, Isabelle Bélanger, a transmis un document au Quotidien faisant part de cette décision, tard hier soir. «C'est avec regret et résignation que le conseil d'administration du Festival forestier de Shipshaw a décidé, lors de sa dernière réunion, de déposer son bilan entre les mains d'un syndic autorisé de la région», était-il possible d'y lire. Le syndic autorisé en question est Tremblay&Cie Ltée.
Mme Bélanger n'a pas voulu commenter la nouvelle, lorsque jointe à son domicile, aux alentours de 21 h 45. «Je ne ferai aucun commentaire. Le porte-parole est désormais le syndic autorisé», s'est-elle tenu de mentionner.
Dans le texte transmis au Quotidien, la faute est mise sur la «récente crise médiatique» qui a «causé des dommages irréparables au festival». Le document stipule que «ses administrateurs, employés et bénévoles avaient été complètement démotivés» et que cela rend «ainsi illusoire tout espoir d'amasser les commandites annuelles requises».
«C'est donc à regret que le festival dépose les armes», est-il écrit.
Le document signé par Tremblay&Cie Ltée, qu'on a tenté de joindre sans succès hier soir, fait valoir que cette décision laissera «toute la place et tout le temps nécessaire aux élus et citoyens de Shipshaw et de ville de Saguenay pour analyser la situation et décider ou non de prendre la relève et de repartir sur de nouvelles bases sans avoir, le cas échéant, à composer avec les difficultés actuelles du festival».
Mise en demeure
Également joint à son domicile, le président Yvon Barrette s'est dit estomaqué et frustré. «Vous me l'apprenez à l'instant!», a-t-il d'abord commenté. M. Barrette a précisé au Quotidien qu'il avait transmis une mise en demeure à Mme Bélanger en après-midi afin de lui signifier que les décisions prises lors de cette rencontre étaient invalides puisque la réunion avait lieu dans une résidence privée de l'un des administrateurs et qu'aucun ordre du jour n'avait été envoyé.
«Avec mon avocat, j'ai envoyé une mise en demeure aujourd'hui. C'est un contexte invalide. Je vais réfléchir cette nuit à la possibilité de déposer des poursuites dès demain (aujourd'hui)», a-t-il ajouté, visiblement sous le choc.
Circonstances nébuleuses
La conseillère municipale de Shipshaw, Julie Dufour, n'était également pas au courant de cette démarche. «Je suis abasourdie. Les citoyens ont contribué à ce festival. Ça fait des mois que je demande les chiffres et dimanche, ils annonçaient qu'une 19e édition allait avoir lieu. Je suis sous le choc, je ne comprends rien à cette situation nébuleuse», a-t-elle partagé.
Réagissant, en fin de soirée, à cette véritable bombe, Mme Dufour promet de chercher des réponses aujourd'hui afin de comprendre le processus de mise en faillite et de voir ce que M. Barrette prendra comme décision.
Elle rappelle qu'une enquête policière est également en cours dans ce dossier.