Après avoir transformé 80000 livres de gourganes cette année, la Congèlerie Hériter souhaite en congeler 500 000 livres l’an prochain.
Après avoir transformé 80000 livres de gourganes cette année, la Congèlerie Hériter souhaite en congeler 500 000 livres l’an prochain.

La gourgane à l’année grâce à la Congèlerie Héritier de Normandin

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
À sa première année d’opération, la Congèlerie Héritier a congelé 80 000 livres de gourganes et l’entreprise de Normandin, qui regroupe 35 producteurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean, souhaite en transformer 500 000 livres l’an prochain. Ainsi, les gourganes produites dans la région seront éventuellement disponibles à l’année.

Bien que les gourganes congelées sont disponibles à l’année dans les supermarchés, elles proviennent en très grande partie de l’Espagne. Et c’est d’autant plus vrai depuis que l’usine de congélation de Saint-Bruno a décidé d’arrêter de congeler la légumineuse, il y a quatre ans.

Pour les producteurs agricoles, vendre la gourgane pour l’alimentation humaine vaut sept fois plus cher que pour l’alimentation animale.

Faute de débouchés pour vendre davantage de gourganes pour l’alimentation humaine, les producteurs ont réduit les superficies de culture et ont envoyé une partie de la récolte séchée pour l’alimentation animale, laquelle est sept fois moins payante que la vente pour l’alimentation humaine, explique Jacquelin Drapeau, un producteur laitier de Normandin qui cultive aussi la gourgane.

À l’époque, les producteurs de gourganes se sont regroupés pour trouver une solution afin de favoriser la mise en marché pour l’alimentation humaine. Pour congeler leur production, ils se sont alliés aux producteurs de bleuets, lesquels souhaitaient créer davantage de valeur. C’est ainsi qu’un regroupement de 35 producteurs a fondé la Congèlerie Héritier, à Normandin.

Après avoir transformé 80000 livres de gourganes cette année, la Congèlerie Hériter souhaite en congeler 500 000 livres l’an prochain.

En août dernier, l’usine de congélation a commencé ses opérations en congelant les gourganes pendant quelques jours, tout juste avant le début de saison de récolte du bleuet. Étant donné qu’il existe très peu d’usines de congélation de gourganes, toute la logistique de transformation devait être développée. « On partait vraiment de zéro et on devait développer le produit selon nos propres critères », explique Émilie Gaudreault, productrice de bleuets et responsable des communications de la Congèlerie Héritier.

L’entreprise a ainsi développé une technique pour blanchir et congeler les gourganes. Après des essais et des erreurs, le travail a porté ses fruits, comme en témoigne la satisfaction des clients et des consommateurs.

Après avoir transformé 80 000 livres de gourganes cette année, la Congèlerie Héritier souhaite en congeler 500 000 livres l’an prochain.

Légunord est le principal acheteur de gourganes de la Congèlerie Héritier. Avec une production de 80 000 livres cette année, la production est encore trop faible pour combler les besoins du distributeur régional, mais c’est tout de même un très bon départ, estime Jacquelin Drapeau. « On s’enligne pour produire 500 000 livres l’an prochain », estime ce dernier.

Pour y arriver, les producteurs devront toutefois faire l’acquisition d’une nouvelle récolteuse spécialisée, d’une valeur de 300 000 $, dit-il, question de maximiser les opérations. Et ce n’est qu’un début, car le volume est voué à augmenter. En plus du marché déjà existant, Émilie Gaudreault estime qu’il existe effectivement un bon potentiel de croissance pour la légumineuse régionale.

Émilie Gaudreault et Jacquelin Drapeau font partie du groupe d’actionnaires de la Congèlerie Héritier.

Diversification

La diversification est un des piliers du modèle d’affaires de la Congèlerie Héritier. « On veut miser davantage sur la gourgane, ajoute cette dernière. Quand on va avoir une mauvaise année pour le bleuet, c’est peut-être la gourgane qui va nous sauver. »

Cette année, l’usine a transformé sept millions de livres de bleuets et 55 % de la production est déjà vendue, notamment en Allemagne, en Belgique, en France, au Japon et aux États-Unis.

Outre la gourgane et le bleuet, 40 000 livres de camerises ont aussi été transformées.

De plus, de petits lots de gourganes et de cassis ont aussi été congelés. « On a transformé de petits volumes de cassis pour l’entreprise Cassis Mona & filles, ce qui leur a permis de développer de nouveaux marchés au Japon », témoigne fièrement Émilie Gaudreault, fière de stimuler les opportunités d’affaires de ses partenaires.