La gestion de la sécurité pointée du doigt

L’absence de gestion de la sécurité est responsable d’un accident survenu lors d’une excursion d’observation des baleines au Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent en août 2016. Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a publié mardi son rapport sur la collision entre un navire de passagers et une baleine qui a fait plusieurs blessés.

Le rapport fait état de lacunes de sécurité dans les activités locales d’observation des baleines au Parc marin du Saguenay−Saint-Laurent.

Le 29 août 2016, une embarcation pneumatique à coque rigide (Aventure 6) qui transportait neuf personnes dans le cadre d’une excursion d’observation de mammifères marins a heurté un objet non identifié, qui était probablement une baleine, alors qu’elle traversait le Parc marin du Saguenay–Saint-Laurent près de la municipalité des Bergeronnes. L’opérateur de l’embarcation appartenant à Croisières Essipit et un passager sont tombés à l’eau. D’autres passagers ont été blessés. Les moteurs hors-bord de l’embarcation ont été endommagés. 

Lors de l’impact, l’embarcation avait atteint la vitesse de 21,6 nœuds. En raison de la vitesse, elle a poursuivi sa route après l’impact initial et les pieds des deux moteurs hors-bord sont entrés en collision avec le même objet. 

Deux passagers ont été jetés par-dessus bord et les moteurs ont été coupés. 

Le 29 août 2016, une embarcation pneumatique à coque rigide (Aventure 6), qui transportait neuf personnes dans le cadre d’une excursion, est entrée en collision avec une baleine.

Comme les passagers ne savaient pas comment utiliser l’équipement de l’embarcation, ils n’ont pu déployer la bouée de sauvetage, envoyer des signaux de détresse pyrotechniques ou transmettre un appel de détresse. 

Un passager est parvenu à signaler le 911 à l’aide de son cellulaire et un autre a pu redémarrer un moteur, puis manœuvrer pour récupérer les personnes tombées à l’eau. 

L’opérateur du navire a été traité pour hypothermie. Il a subi des blessures mineures à la tête et des blessures graves au bras et à l’épaule. Il a aussi reçu un diagnostic de trouble de stress post-traumatique. Le passager tombé à la mer a été soigné pour hypothermie et pour des blessures mineures au dos. Un autre passager a été sérieusement blessé à un genou. D’autres passagers ont subi des blessures légères. 

L’enquête a établi que l’opérateur n’a pas vu la baleine puisqu’il avait de nombreuses tâches à accomplir, notamment animer l’excursion et surveiller la vitesse et la position de l’embarcation. 

Le rapport précise qu’aucune exigence réglementaire n’oblige l’entreprise propriétaire de l’Aventure 6 à mettre en place un système de gestion de la sécurité en bonne et due forme. La gestion de la sécurité et la surveillance figurent sur la Liste de surveillance 2016. 

« Comme le démontre cet accident, certaines entreprises considèrent que leurs mesures de sécurité sont appropriées tant qu’elles sont conformes aux exigences réglementaires minimales. Toutefois, la réglementation ne peut, à elle seule, prévoir et prendre en compte tous les risques propres à une activité ou à un secteur en particulier », peut-on lire dans le rapport du BST.

À la suite de l’accident, le BST a envoyé un avis de sécurité faisant état des lacunes concernant l’équipement de sécurité à bord du navire et d’autres problèmes de sécurité au propriétaire du navire. Une copie de cet avis a été envoyée aux législateurs fédéraux et provinciaux, ainsi qu’à cinq autres compagnies locales d’observation de mammifères marins. 

Le propriétaire du navire a remis à neuf son équipement de sécurité et ajouté de la nouvelle information dans son exposé sur les mesures de sécurité donné aux passagers avant le départ.

En juin 2017, après le chavirement d’un navire d’observation de baleines survenu en 2015, le BST a recommandé à Transports Canada d’exiger que les exploitants de navires à passagers commerciaux adoptent des processus explicites de gestion des risques et d’élaborer des lignes directrices exhaustives pour mettre en œuvre et surveiller ces processus après le chavirement.

Le Bureau n’a pas encore évalué la réponse à cette recommandation.