Professeur émérite, Majella-J. Gauthier a vécu les premières heures du programme de géographie de l’UQAC, en 1969, qui a formé 650 géographes en 50 ans.

La géographie, une science aux multiples facettes

Cinquante ans après la fondation du département de géographie à l’UQAC, professeurs, chercheurs, étudiants ou ex-étudiants auront l’occasion de discuter des défis de la géographie de demain lors d’un colloque qui aura lieu le 11 octobre prochain à la bibliothèque de l’institution.

En entrevue, le professeur émérite Majella-J. Gauthier raconte que ce secteur des sciences humaines aux multiples ramifications — puisqu’il peut s’intéresser à la politique, à la physique, au développement social, à l’environnement, etc. — a bien changé depuis l’époque où il a commencé à enseigner en 1969, à l’âge de 27 ans.

« À mes débuts, au plan didactique, c’était l’époque du tableau noir, de la craie et de la diffusion de diapositives. Aujourd’hui, je suis certain que bien des gens ne savent même pas ce qu’est une diapositive », affirme M. Gauthier sur un ton humoristique en début d’entrevue.

En 50 ans, les nombreux changements et développements technologiques ont enrichi de façon énorme les champs de connaissance en géographie avec la venue de la télédétection, la cartographie, la vision par satellite, la géomatique et maintenant l’utilisation des drones. M. Gauthier se rappelle avoir déjà participé à un congrès de l’ACFAS dans une section consacrée à la géographie. Sur place, il décide de visiter d’autres sections et constate alors que sa discipline a tendance à s’étendre à de nombreux domaines. « La géographie était déjà une discipline éclatée. Ce qui fait le coeur de la géographie, c’est la géométrie qui permet de diviser des territoires en coordonnées pour y localiser des objets, des rivières, des populations, des usines, etc. »

Majella Gauthier UQAC 
 Photo : Jeannot Levesque

De fil en aiguille, la géographie culturelle a laissé de plus en plus de place à la recherche et développement où des gens analysent, décrivent l’espace, le découvrent pour ses forces et ses faiblesses. Lorsqu’on parle d’aménagement de territoire, peut-on faire mieux et prendre les moyens pour le faire ? », interroge le professeur à la retraite. La question d’une plus grande utilisation des connaissances et des technologies appliquées en géographie peut se poser lorsqu’on regarde les dégâts causés le printemps dernier par la crue des eaux dans la région montréalaise, notamment.

Lorsqu’il analyse le parcours des 650 étudiants formés en géographie en 50 ans à l’UQAC, M. Gauthier observe que les géographes ont fait carrière dans de nombreux domaines comme l’économie, la démographie, la biologie et l’ensemble des sciences, ce qui lui fait dire que la géographie est une science de carrefours qui permet d’intégrer de l’information provenant de tous les domaines. C’est pourquoi, selon lui, il est nécessaire de continuer de former des géographes.

Réalisations

En jetant un regard sur le passé, M. Gauthier est fier du travail accompli par ce département, au cours des décennies. Il rappelle la publication en 1981 du premier atlas papier régional du Saguenay–Lac-Saint-Jean, un ouvrage converti par la suite au numérique, qui avait demandé une collaboration intense de chercheurs et de professeurs de tous les milieux. Le travail de Gilles-H. Lemieux en télédétection et sur le gel en bleuetières dans les années 80, celui de Jean Désy sur la foresterie urbaine ou de Christiane Gagnon, portant sur l’impact de l’implantation des usines de transformation dans la région, a été souligné. Il en va de même pour le travail d’André-Louis Sanguin en géographie politique, de Jules Dufour portant sur la nordicité québécoise ou de Michel Perron avec la chaire Visaj.

Colloque

Le colloque prévu le 11 octobre permettra de réfléchir sur la place de la géographie dans la recherche, dans l’enseignement et dans son application sur le territoire.

Pour l’occasion, cinq conférenciers formés à l’UQAC aborderont différents thèmes qui lui sont liés. Louis-Marie Bouchard abordera l’avenir de la géographie, Michel Perron discutera de la sociogéographie pour mieux agir sur des enjeux de société tandis que Christiane Gagnon discutera des enjeux environnementaux régionaux. La géographie et le travail seront abordés par Jean-Yves Bouchard alors que les dimensions nationale et internationale seront abordées par Gilles-H. Lemieux et Étienne Troestler.

Après les ateliers de l’après-midi, il y aura lancement du livre Des géographes à l’œuvre ; 50 ans de géographie à l’UQAC.