Le centre de thérapie La Futaie est dans l’obligation de se conformer selon différentes réglementations du ministère de la Santé et des Services sociaux.

La Futaie doit se conformer

Le temps presse pour la maison de thérapie La Futaie, située à Saint-Fulgence. L’établissement privé, qui offre des soins en toxicomanie et en santé mentale, doit se conformer aux normes ministérielles d’ici le 14 juin, sans quoi il sera dans l’obligation de fermer ses portes.

La Futaie est dans l’obligation d’obtenir une certification depuis 2012, à la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux. Ce premier permis, renouvelable aux quatre ans, est venu à échéance en 2016, et c’est depuis ce temps que la situation est devenue moins évidente.

Le député provincial de la circonscription Dubuc, François Tremblay, a contribué au dossier depuis son élection. Au départ, le Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) du Saguenay–Lac-Saint-Jean avait statué la date limite pour se conformer au 14 mai, mais le représentant de la Coalition avenir Québec (CAQ) a réussi à faire repousser le délai. Il s’agit toutefois du dernier appel.

Le propriétaire Martin Girard a été mis au fait de la situation. Depuis, La Futaie s’assure de compléter la documentation pour se plier aux réglementations.

« J’ai parlé à M. Girard et je lui ai dit qu’on avait atteint un point de non-retour », a soulevé François Tremblay. Ce dernier a rencontré les dirigeants du CIUSSS récemment pour leur demander de repousser le délai, en plus de faire part de la situation à la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann.

« Quand on a un centre comme celui-là, en région, pour traiter des cas lourds, il faut tout faire pour conserver les activités, a indiqué le député caquiste. Mme McCann m’a dit qu’elle allait donner une chance au centre, mais on n’ira pas au-delà des délais. »

Martin Girard est propriétaire du centre de thérapie La Futaie, à Saint-Fulgence.

Approche globale

La question de certification avait été rapportée dans un reportage publié dans nos pages en début d’année, sous le plume du journaliste Julien Renaud. La raison principale du problème se retrouve dans le traitement clinique des intervenants du centre La Futaie. La clientèle, qui provient principalement de l’extérieur, est traitée à la fois pour des problèmes de toxicomanie et de santé mentale. Le centre de thérapie a fait ses preuves en ce sens au fil des ans, mais ça ne suffit pas.

Or, les lois ministérielles stipulent que chaque cas doit être traité de façon indépendante.

« On peut traiter la toxicomanie et un trouble anxieux, par exemple, mais la loi n’a pas été pensée en ce sens, a déploré le propriétaire Martin Girard. On nous donne un avis de non-conformité parce qu’on traite la clientèle à un même endroit, mais les recommandations du monde scientifique sont en grande majorité en faveur d’un traitement uni, et non en silo, qui a pour effet de trimbaler un client de département en département. »

Martin Girard garde tout de même confiance que toute la paperasse administrative sera complétée d’ici le 14 juin. Il voit également d’un bon oeil l’appui du député François Tremblay.

« L’objectif est d’y arriver. On travaille sur les documents restants, a réagi M. Girard. On a réglé la grande majorité des problèmes. De savoir que François Tremblay nous appuie dans nos démarches, tout en nous signifiant que le gouvernement de la CAQ est favorable au maintien de La Futaie, je vous dirais que c’est un appui important, si ce n’est qu’au point de vue moral. On est en train de soulever certains problèmes au niveau de la certification concernant des centres comme les nôtres, et ça s’est rendu jusqu’à la ministre McCann. Elle a assuré qu’elle nous avait entendus et qu’elle était concernée par la situation. »

La CAQ travaille à la création d’un forum provincial en santé mentale. Martin Girard aimerait être impliqué dans le processus de consultation, ce à quoi François Tremblay s’est montré favorable.

« Si je suis capable de m’impliquer pour amener des points de vue, je vais certainement vouloir participer activement à tout ça, a confirmé M. Girard. Il y a une ouverture qu’on n’avait pas avant. »