La FTQ entachée, affirme Gagnon

«Lui fait des sorties sur un bateau et reçoit des boucles d'oreilles à 12 000 $, et pendant ce temps, nous, on s'occupe des conditions de travail de notre monde. Ça entache la réputation des syndicats. J'espère que les gens sont capables de faire la part des choses.»
Depuis plusieurs années, le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida (SNEEA), Alain Gagnon, est l'un des seuls à dénoncer en public les problèmes qui gangrènent la centrale de la FTQ. Hier, à la faveur d'une entrevue téléphonique avec Le Quotidien, il a affirmé ne surtout pas avoir changé d'avis en écoutant les propos de Michel Arsenault à la Commission.
« Je ne suis pas surpris. C'est du réchauffé. C'est dommage, parce que ça vient entacher jour après jour le monde syndical. »
Le SNEAA est affilié à la FTQ au niveau régional, mais est en « pause » au provincial, souligne M. Gagnon. Le SNEAA ne paie plus ses cotisations à la FTQ depuis l'été (soit une somme de plus de 10 000 $).
« Il (Arsenault) ne peut pas dire que ce n'est pas lui, c'est sa voix que l'on entend. Les affaires simples, c'est toujours ben lui qui les a dites! Le patronat est mort de rire. L'ensemble du mouvement est ombragé alors que plusieurs font une job impeccable. C'est désolant. »
Alain Gagnon est depuis longtemps convaincu qu'un ménage doit être fait à la tête de la FTQ. Déjà, en 2009, sous le règne de Michel Arsenault, les membres du SNEAA avaient arrêté de payer leurs cotisations à la centrale, Alain Gagnon demandant de revoir certaines règles d'éthique à la direction.
« Mes membres sont à la même place que moi. Je parle et j'ai la légitimité de le faire parce que mes membres pensent ça aussi », dit celui qui représente 1700 travailleurs de Rio Tinto Alcan.
Gouvernance du Fonds
Alain Gagnon est d'avis qu'il serait dommage que le gouvernement s'occupe de la gouvernance du Fonds de solidarité, comme le propose le ministre Jean-François Lisée. (voir en page 19)
« Le gouvernement veut mettre son nez dans la gouvernance depuis longtemps. Avec toutes les révélations, ils vont tenter d'en profiter. C'est décevant parce que si les gens avaient travaillé de manière honnête, nous n'en serions pas là. Le Fonds est un outil important pour le Québec et je ne pense pas que le gouvernement doit s'occuper de sa gouvernance. »