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Jean-Philippe Gravel, de la Forge du Lac, située à Saint-Thomas-Didyme, au nord du Lac-Saint-Jean.
Jean-Philippe Gravel, de la Forge du Lac, située à Saint-Thomas-Didyme, au nord du Lac-Saint-Jean.

La Forge du Lac: c’est en forgeant qu’on devient forgeron

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
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C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Ce proverbe représente parfaitement Jean-Philippe Gravel, forgeron autodidacte qui a décidé il y a quelques années de démarrer son atelier de forge artisanale à Saint-Thomas-Didyme au nord du Lac-Saint-Jean. À force d’essais et erreurs, ce soudeur et mécanicien industriel de profession a transformé sa passion et son passe-temps en véritable travail à temps partiel et il espère un jour pouvoir en vivre à temps plein.

Si tout se passe comme prévu, il croit que son rêve se réalisera d’ici deux ans. Ces jours-ci, Jean-Philippe Gravel ne compte pas les heures qu’il passe dans son atelier. Il peine même à répondre à la demande, ses produits étant de plus en plus en demande.

Forgeron autodidacte, Jean-Philippe Gravel a bien compris que c’est en forgeant que l’on devient forgeron.

C’est en 2017 que tout a débuté. Il raconte que depuis toujours, il s’intéresse au processus de fabrication des objets, surtout ceux utilisés par nos ancêtres. Preuves à l’appui, il possède une collection bien garnie d’objets et outils antiques. « J’ai toujours aimé ça les antiquités et objets d’époque, mais ce que j’aime surtout est de comprendre comment ils ont été fabriqués. »

Et c’est tout simplement comme ça qu’il apprend. La métallurgie l’a toujours intéressée. « Les notions de métallurgie, les aciers, les compositions (...) tout ce qui n’était pas soudable, je l’essayais. Ça représente toujours un défi pour moi», note-t-il.

Victime de sa popularité, ses foyers extérieurs se vendent comme des petits pains chauds.

La forge traditionnelle est devenue un incontournable par la suite. « Dès que je l’ai essayée, je suis tombé accro! »

Fierté

Sa plus grande fierté? « Le fait d’être parti de rien et d’avoir bâti tout ça de mes propres mains. Travailler à l’ancienne aussi, car le métier de forgeron est pratiquement disparu », rappelle-t-il.

Il l’avoue humblement, il n’a pas ménagé ses efforts afin de pouvoir s’afficher comme forgeron. Il a même conçu et fabriqué ses premiers modèles de forges au gaz et au charbon, qu’il utilise encore aujourd’hui. Et c’est dans ces foyers de chauffe qu’il a aussi fabriqué ses premiers outils.

En revanche, ce n’est pas toujours facile d’apprendre par soi-même. « Le bac à fer, je l’ai rempli. J’en ai jeté des pièces manquées! », admet-il.

Il conçoit et fabrique des outils sur mesure, couteaux, haches et autres objets décoratifs ou ornementaux.

A-t-il déjà été tenté d’abandonner ou s’est-il déjà découragé? « Non, pas vraiment, car j’ai respecté les étapes pour devenir forgeron. Par exemple, avant faire de la soudure à la forge, j’ai appris à manier mon marteau et mon enclume comme il faut. Quand je me sentais confiant, je passais à l’autre étape. »

Qualités d’un bon forgeron

Il affirme qu’au moins trois critères sont essentiels afin de devenir un bon forgeron. « Ça prend beaucoup de patience! Ça demande aussi une bonne dextérité manuelle, car n’importe qui est capable de prendre un morceau de métal et de le chauffer à rouge et de taper dessus, mais de prendre un morceau de métal brut et d’en faire un bon couteau, c’est une autre histoire, prévient Jean-Philippe Gravel. Ça exige aussi de bonnes connaissances en métallurgie, car chaque type d’acier est différent et demande d’être travaillé à une température précise. »

Pour lui, si c’est en métal, il peut le faire dans sa forge.

Il avoue aussi être débrouillard et déterminé et raconte que rien ne l’arrête. « Quand tout a fermé pendant la crise de la COVID-19 et que l’on était confiné, je n’avais plus de charbon. Je me suis donc construit un four à charbon pour fabriquer mon propre charbon de bois », se remémore-t-il.

Quand est-il des risques du métier? « Des brûlures, car on travaille avec du métal pratiquement en fusion. Il y a un danger de projection aussi », en ajoutant que ses doigts ont reçu quelques coups de marteau imprévus.

Sa plus grande fierté est sans aucun doute d’être parti de rien et d’avoir tout bâti son atelier de ses propres mains.

Produits et services

Dans son tout petit atelier, situé à l’arrière de sa maison, Jean-Philipe Gravel conçoit, fabrique, restaure, et soude à peu près n’importe quoi. « Si c’est en métal, je peux le faire à la Forge du Lac! », assure-t-il. Et si ça n’existe pas, il n’hésitera pas à l’inventer, rien de moins.

Il a même déjà forgé des anneaux de fiançailles, et aux dernières nouvelles, les amoureux étaient encore ensemble!

Menuisier et ébéniste avant de devenir soudeur, son département pour la finition est au sous-sol de sa demeure. C’est là qu’il affûte ses couteaux et autres lames. C’est là aussi qu’il fait les manches, que ce soit en bois franc ou autres essences de bois plus exotiques. Il peut même utiliser les bois de cervidés.

Il le constate de plus en plus, la popularité pour ses différents produits ne cessent de croître. Les objets de conception artisanales semblent être à la mode ces temps-ci et il croit savoir pourquoi.

« Aujourd’hui, tout est fait cheap et made in China, donc ça coûte pas cher, mais ça ne vaut pas cher aussi! On dirait que les gens sont tannés d’acheter de quoi qui est tout brisé au bout de deux ans. Par exemple, mes crochets à manteaux se vendent bien et les miens, tu peux les mettre sur ton héritage car ils vont être encore bons dans 100 ans! »

Avis aux plus curieux, il démontre son savoir-faire dans une vidéo en direct au moins une fois par semaine sur sa page Facebook: https://www.facebook.com/laforgedulac.