La porte-parole du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs dans la région, Catherine Thibeault, et l’ingénieur forestier Dominique Déry ont expliqué les grandes lignes du Plan spécial de récolte de 680 000 mètres cubes de bois au sud du lac Kénogami pour récupérer les tiges avant qu’il ne soit trop tard.

La forêt doit être rasée au sud du lac Kénogami

L’état d’avancement de l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette dans la région oblige le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP) à plancher sur le plus important plan spécial de coupe forestière de son histoire, au sud du lac Kénogami, pour récolter 680 000 mètres cubes de résineux et feuillus au cours des deux ou trois prochaines années.

Le ministère tiendra au cours des prochains jours une période de consultation afin d’entendre ce que les citoyens ont à dire et surtout, présenter les différentes mesures de mitigation qui seront prises afin de diminuer les impacts de ces récoltes sur le territoire.

Selon les constats du ministère, il n’est plus possible de retarder ces récoltes en raison de l’état des peuplements. Elle doit avoir lieu à partir de cette année pour être en mesure de récupérer la valeur commerciale des tiges même s’il est déjà assuré qu’il y aura des pertes.

Ces anciens territoires de coupe, situés sur la rive sud du lac Kénogami, devront être récoltés en raison de l’épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette.

« On a étiré l’élastique au maximum. Dans le cadre d’un plan spécial de récolte, le ministère n’est pas obligé de tenir des consultations. Mais nous avons pris la décision d’en faire quand même et de rencontrer les groupes », précise Catherine Thibeault, porte-parole régionale du MFFP.

La particularité de ce plan spécial concerne principalement le type de peuplement de la forêt dans cette zone. Selon les chiffres fournis par l’ingénieur forestier responsable de la préparation du projet, Dominique Déry, les inventaires forestiers font état de 260 000 mètres cubes de sapin, l’essence qui est la cible de la tordeuse. La récolte de feuillus sera réalisée en même temps afin de respecter les garanties d’approvisionnement des entreprises spécialisées dans la transformation de ces essences (Valibois, Scierie TLT, Scierie Lachance, Scierie Petit-Saguenay). La Scierie Lignarex de La Baie se chargera de la récupération du résineux.

dossier sensible

Les fonctionnaires du ministère sont conscients que les opérations forestières réalisées au sud du lac Kénogami sont toujours sensibles et soulèvent, dans certains cas, une vive réaction des villégiateurs et associations. Tout le territoire couvert par le plan spécial est composé de forêts de deuxième et troisième venues. De plus, 96 % de la zone identifiée pour un projet d’aire protégée est située à l’extérieur du périmètre du plan spécial et Catherine Thibeault rappelle que l’aménagement forestier n’est pas un critère qui écarte un secteur d’un projet d’aire protégée.

Ces anciens territoires de coupe, situés sur la rive sud du lacKénogami, devront être récoltés en raison de l’épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette.

Lors de la consultation, le ministère présentera aux participants le paysage qui sera visible à partir de la rive nord du lac Kénagami après la réalisation des travaux de récolte. Les principaux impacts seront concentrés dans le secteur Moncouche et à l’embouchure de la rivière Pikauba. Dominique Déry mentionne que le plan comprendra des mesures additionnelles aux obligations de la Loi sur l’aménagement durable des forêts afin de diminuer les impacts.

La qualité de l’eau constitue un autre enjeu de taille pour le ministère et les organismes de bassin versant. Dominique Déry assure que l’impact des travaux sera très largement sous les indicateurs de perturbation utilisés pour évaluer le niveau d’atteinte à la qualité de l’eau.

La récolte sera réalisée sur un territoire qui comprend plusieurs anciennes routes d’accès puisque des travaux de récolte ont déjà été réalisés dans cette bande de forêt située entre les routes 169 et 175. La construction des routes nécessaires sera réalisée selon le nouveau règlement d’intervention en milieu forestier qui permet de protéger les cours d’eau.

Ces anciens territoires de coupe, situés sur la rive sud du lacKénogami, devront être récoltés en raison de l’épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette.

Idéalement, les opérations de récolte devraient s’étendre sur une période de deux ans. Dominique Déry considère que le tout devrait être réalisé sur trois ans sans trop de conséquences sur la qualité de la fibre qui se dégrade avec le temps à partir du moment où les arbres deviennent gris. Le gouvernement du Québec accorde habituellement une réduction sur le coût des redevances que les compagnies doivent verser pour chaque mètre cube de bois récolté.

L’ingénieur forestier affirme que cette réduction est variable, mais que la règle du pouce permet d’avoir une réduction moyenne de plus ou moins 2 $ le mètre cube en guise de compensation pour la diminution de la qualité des peuplements récoltés.

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BON AUSSI POUR L'ENVIRONNEMENT

La récolte de 685 000 mètres cubes de bois pour contrer les effets de la tordeuse des bourgeons de l’épinette sera bénéfique pour les changements climatiques. Selon Catherine Thibeault, le bois qui tombe et se décompose en forêt libère du carbone dans l’atmosphère. Le bois qui est récolté et transformé est utilisé dans la construction et permet de stocker à long terme le carbone. La remise en production de la forêt avec les jeunes arbres permet aussi d’éliminer du carbone.