Claude Collard préside l’Association pour la protection du lac Kénogami.

La forêt Cyriac à protéger

L’Association pour la protection du lac Kénogami (APLK) est déterminée à sauvegarder la forêt Cyriac autour du plan d’eau et a reçu l’appui de Greenpeace, qui soutient la mise en place d’une aire protégée et qui questionne le plan spécial de récupération des bois affectés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette (TBE).

Le président de l’association, Claude Collard, a reçu une lettre signée par Olivier Kohmel, chargé de campagne chez Greenpeace Canada. Il l’a présentée dimanche à la trentaine de membres présents à l’assemblée générale annuelle, à la salle municipale.

Selon ce qu’ont rapporté les opposants en mai, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec (MFFPQ) entend permettre l’abattage de plus de 500 000 mètres cubes de bois pour combattre la TBE dans le secteur, alors qu’il est ciblé par la communauté pour créer une aire protégée depuis 2007. « On ne comprend même pas pourquoi c’est urgent soudainement », s’indigne Claude Collard, qui y voit plutôt un mauvais prétexte.

Une trentaine de personnes se sont réunies pour l’assemblée générale annuelle, dimanche.

La coupe ne toucherait pas les imposants bouleaux jaunes séculaires qui caractérisent la forêt Cyriac, mais seulement les arbres autour. Toutefois, les citoyens craignent que cela affecte négativement leur habitat.

« Le contrôle de peste, comme vous le soulignez, est prématuré, tout comme l’approche préconisée ne fait pas l’accord scientifique, alors que bien des recherches indiquent qu’une forêt diverse et mature aide à mieux résister ou se rétablir des infestations », écrit M. Kohmel à ce sujet. Il considère la forêt Cyriac comme étant ancienne et un patrimoine naturel rare au sud du Québec. Le responsable de Greenpeace souligne aussi son rôle « important dans le maintien d’eau potable qui affecte directement les populations avoisinantes ». Le lac Kénogami approvisionne en effet des dizaines de milliers de foyers à Saguenay.

« Le ministère risque de faire une grave erreur », croit le président Claude Collard.

L’APLK s’inquiète aussi du tracé du projet Gazoduq, une conduite souterraine pour transporter du gaz naturel en provenance de l’Alberta jusqu’à la rivière Saguenay, qui longerait une partie de la zone de l’aire protégée.

Par ailleurs, des citoyens ont signalé la présence « trop nombreuse » d’embarcations sur le lac Kénogami, un phénomène qui ajoute aussi une pression sur le plan d’eau. Il a été proposé de réduire le nombre de débarcadères, mais la réglementation appartient aux municipalités. Comme il y en a trois dont le territoire rejoint le lac, la gestion se complexifie, selon Claude Collard. « On s’était déjà penchés sur le dossier, mais on va recommencer », affirme le président de l’association.