L’entraîneur de boxe bien connu Michel Desgagné s’implique au sein de la Neuvaine de Sainte-Anne depuis 10 ans.

La foi jusque dans le ring

Plusieurs connaissent Michel Desgagné l’entraîneur de boxe. Mais rares sont ceux qui connaissent Michel Desgagné le croyant. Plutôt réservé sur ses valeurs religieuses, l’homme qui a entraîné des centaines de boxeurs au cours des 50 dernières années s’implique au sein de la Neuvaine de Sainte-Anne depuis maintenant 10 ans, en plus d’avoir été ministre de la communion et d’avoir soutenu des couples en difficulté. Et la foi a toujours accompagné l’homme, jusque dans le ring.

Encore cette année, Michel Desgagné participe activement à l’organisation de la Neuvaine de Sainte-Anne, qui aura lieu du 17 au 26 juillet. Cette foi catholique fait partie de l’homme de 63 ans depuis sa tendre enfance. Il ne l’a jamais abandonnée. Bien qu’il ne se cache pas de fréquenter les églises hebdomadairement, celui qui est bien connu sur la scène sportive régionale n’a jamais vraiment parlé de cette implication publiquement.

«Je ne m’en cache pas, mais disons que je ne le crie pas sur les toits non plus. Lorsqu’on dit qu’on va à la messe toutes les semaines, on entend toute sorte de commentaires. On passe un peu pour des niaiseux. Alors, je vis ma foi dans ma vie personnelle, mais aussi dans le cadre de mon travail. Avec les gars (les boxeurs qu’il entraîne), je ne m’en cache pas non plus», raconte Michel Desgagné, rencontré plus tôt cette semaine, en marge de l’organisation de la Neuvaine de Sainte-Anne.

D’ailleurs, il demande souvent à «ses gars» s’ils sont croyants. «Si c’est le cas, je leur dis qu’ils ont le droit de se confier à Dieu et de lui demander de l’aide, car la boxe est un sport très difficile physiquement, mais aussi mentalement. Avoir de l’aide est toujours essentiel», ajoute l’entraîneur, qui exerce ce métier depuis 51 ans maintenant.

Michel Desgagné a entraîné le boxeur Francy Ntetu durant de nombreuses années.

Au fil des ans, l’entraîneur a croisé des centaines de jeunes hommes. Certains étaient plus difficiles que d’autres, mais Michel Desgagné estime qu’il y a du bon dans chaque individu.

«Je me souviens d’un petit gars, qui est arrivé au gym à 14 ans et qui envoyait promener tout le monde. Plusieurs croyaient qu’il n’y avait rien à faire avec lui, mais j’y ai cru et j’ai vu son potentiel. Aujourd’hui, il est professeur et a fait 70 combats dans sa carrière», se remémore Michel Desgagné, qui a entraîné des hommes comme Hervé Morrissette, Carl Morais, Francy Ntetu et Guillaume Coudé, pour ne nommer que ceux-là.

L’entraîneur a échangé ses trucs avec Stéphane Ouellet lors du retour dans le ring de ce dernier.

Bien que sa foi en Dieu le suit depuis toujours, Michel Desgagné n’est pas du genre à importuner les autres avec ça. «C’est certain que je trouve ça désolant lorsque je vois nos églises vides. Je suis déçu aussi de voir que mes garçons ne vont pas à la messe, mais c’est comme ça. L’Église a fait de mauvaises choses et n’a peut-être pas évolué comme elle aurait dû, mais tout ce qu’on peut faire aujourd’hui, c’est changer notre optique et s’adapter aux réalités d’aujourd’hui», souligne l’entraîneur.

Même à l’extérieur de la région, en voyage pour des compétitions, par exemple, l’homme se fait toujours un devoir de se rendre à la messe chaque dimanche.

Couples en difficulté
En plus d’être impliqué au sein de la Neuvaine depuis une dizaine d’années et d’avoir été ministre de la communion, Michel Desgagné a aussi accompagné, avec son épouse, des couples en difficulté durant 15 ans. «Avec la paroisse, nous faisions des retraites d’un week-end avec des couples qui étaient dans une mauvaise période. Mon épouse et moi avons fait ça longtemps, et nous recevions également les couples à la maison, pour des réunions. Aider les autres fait toujours du bien, et nous avons également cheminé là-dedans, ma femme et moi», affirme Michel Desgagné.

Le comité organisateur de la Neuvaine de Sainte-Anne est composé de Michel Desgagné, de Rémi Boucher, de Roger Paquet et de l’abbé Magella Guérin. Ils dévoilent ici la nouvelle image de l’événement, avec fierté.

+ CONSOMMER LOCAL, MÊME RELIGIEUSEMENT PARLANT!

Du 17 au 26 juillet, les pèlerins sont attendus en grand nombre à l’église Sainte-Anne de Chicoutimi-Nord. L’équipe derrière l’organisation de la Neuvaine de Sainte-Anne espère attirer des gens des quatre coins de la région, histoire de célébrer cet événement unique au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le comité organisateur invite donc les gens d’ici à consommer local, même en ce qui concerne la religion!

L’abbé Magella Guérin a pris, l’an dernier, les rênes de la paroisse Sainte-Anne, qui regroupe les églises de Saint-David-de-Falardeau jusqu’à Sainte-Rose-du-Nord, en passant par Chicoutimi-Nord. Ce sera donc sa première Neuvaine. «Lorsque j’ai vu ce qui se faisait ici, avec le prêtre Jean-Yves Boivin [aujourd’hui décédé], j’ai été très impressionné. C’est vraiment un produit unique dans la région. Il faut en faire la promotion. Il y a Sainte-Anne-de-Beaupré, mais on a quelque chose de local ici. C’est important. Je voulais organiser quelque chose d’intéressant, mais je devais bien m’entourer, car c’est beaucoup de travail», a affirmé l’abbé Guérin, qui oeuvrait auparavant à Dolbeau-Mistassini. 

Accompagné de Michel Desgagné, Rémi Boucher et Roger Paquet, le prêtre a invité le prédicateur Guylain Prince, qui célébrera la Neuvaine, sous le thème L’évangile selon l’humour du Christ. «On voulait un thème intéressant. Je ne sais pas comment le prédicateur va adapter ce thème, mais il était bien inspiré!», a ajouté l’abbé Guérin. 

La Neuvaine, qui débutera le 17 juillet, se déroulera jusqu’au 26 juillet. Trois messes seront célébrées chaque jour, en plus de la célébration des baptêmes (le samedi 21 juillet) et celle de l’onction des malades (le lundi 23 juillet). La grande procession, qui se déplacera jusqu’à la Croix de Sainte-Anne, aura lieu le jeudi 26 juillet. 

«Ça promet d’être vraiment une belle fête. Chaque année, l’église est pleine pour chacune des messes. C’est quelque chose de nos jours. Et la célébration des baptêmes et l’onction des malades réunissent beaucoup de monde. C’est très touchant. La Neuvaine est aussi une fête familiale. Et nous sommes choyés, nous avons un nouvel évêque cette année!», a affirmé Rémi Boucher, faisant référence à Mgr René Guay. Ce dernier présidera d’ailleurs une messe en plein air, à 20h, le jeudi, qui sera suivie de la procession. 

Tout au long de la Neuvaine, l’église Sainte-Anne sera ouverte à la population, même entre les célébrations. L’événement offre également un ressourcement populaire, pour ceux et celles qui veulent se recueillir. 

Pour s’adapter aux nouvelles réalités, le comité organisateur a mis en ligne une page Facebook dédiée à l’événement et s’est payé une nouvelle image, afin de se renouveler. De nombreux bénévoles s’activent également à organiser la Neuvaine.