La FIQ réclame le port du masque N95 dans tous les départements

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La Fédération interprofessionnelle du Québec (FIQ) au Saguenay-Lac-Saint-Jean relance le débat entourant le port du masque N95 alors que le coronavirus se propage comme une trainée de poudre dans des milieux de travail, notamment dans le « navire amiral » qu’est l’hôpital de Chicoutimi.

« Il y avait 10 infirmières et infirmières auxiliaires sur le département D2 au début du quart de travail, hier matin (mardi), et à 10 h, il n’en restait plus que 6. Quatre professionnelles en soins ont été retirées puisqu’elles avaient été contaminées », rappelle la présidente régionale Julie Bouchard.

Le même phénomène est survenu au CHSLD de la Colline dans la première vague alors que le personnel a aussi été décimé par le virus. Depuis, reprend Julie Bouchard, les professionnels ont bien saisi l’importance de porter les équipements de protection. Malgré la formation et l’intégration de ces routines dans le cadre du travail, que ce soit en CHSLD ou dans d’autres départements hospitaliers, le virus fait fi des barrières et contamine le personnel.

Julie Bouchard est consciente que l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) va s’opposer farouchement à la distribution des masques N95 à l’extérieur des départements où il y a des interventions médicales massives dans le traitement des personnes atteintes de la COVID-19. La FIQ a déjà croisé le fer pendant la première vague avec l’INSPQ.

« C’est certain que nous allons revenir avec la question des masques N95. Je veux bien croire l’INSPQ, mais dans la pratique, malgré le port des équipements, la contamination au sein du personnel soignant se poursuit jour après jour et en fin de compte, ce sont les collègues qui écopent parce que nous n’avons pas de monde pour les remplacer. »

Le directeur régional de la santé publique, le docteur Donald Aubin, déclarait sur les ondes de Radio-Canada mercredi ne pas être en mesure d’identifier le problème de contamination au sein des équipes médicales. Le médecin a assuré que le personnel suivait attentivement les différentes consignes et que malgré ces mesures, le virus parvenait à traverser les barrières de sécurité.

D’autre part, les syndicats ont unanimement dénoncé le recours à l’arrêté ministériel qui permet à l’employeur de modifier les horaires de travail pour passer des quarts de 8 à 12 heures. Ces mesures ont des conséquences importantes sur la vie des personnes qui voient leur horaire modifié afin de combler les services.

Selon Julie Bouchard, l’employeur a tout de même fait preuve d’ouverture et des discussions sont en cours afin de régler les problématiques, principalement en ce qui concerne toute la question de la gestion de la garde des enfants.

La présidente de la FIQ ne cache pas que le blocage dans la négociation centrale avec le gouvernement, la fatigue découlant du port des équipements de protection en permanence, l’obligation de passer par les vestiaires pour se changer et l’imposition des horaires de travail sur 12 heures ont un impact majeur sur le moral du personnel.