Julie Bouchard
Julie Bouchard

La FIQ réclame le port du masque N95

La FIQ du Saguenay-Lac-Saint-Jean souhaiterait que la direction du CIUSSS fasse preuve de bon sens dans la situation qui prévaut au CHSLD de la Colline alors que toutes les solutions déployées ne permettent pas de freiner la propagation du coronavirus parmi le personnel et les résidents et réclame que l’on fournisse des masques N95 au personnel affecté à la zone chaude.

« Le docteur Donald Aubin nous parle toujours de la science et il faut en tenir compte. Mais au CHSLD de la Colline, ce sont des infirmières et préposées habituées à faire face à des éclosions de gastro et de grippe. Nous n’avons jamais vu une éclosion où le nombre d’employés infectés dépassait le nombre de résidents infectés. Le personnel sait comment se protéger », plaide la présidente Julie Bouchard.

Cette dernière retourne quelques semaines en arrière. Au départ, la directive était de faire des tests à chacun des soignants dans les urgences, les soins intensifs et les soins hospitaliers généraux. Le personnel des CLSC et des CHSLD devait procéder aux mêmes tests puisque les employés doivent s’assurer que le masque est étanche.

« Soudainement, on a reçu l’information à l’effet que les tests n’étaient plus nécessaires dans les CHSLD puisque le masque de procédure (chirurgical) était celui recommandé par l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ). Après le Bon Dieu, c’est l’INSPQ. Alors qu’ils expliquent pourquoi, avec les meilleures méthodes et la présence d’une infirmière spécialisée dans les infections en permanence, notre monde se fait infecter tous les jours. Il y a un problème, mais on refuse d’évaluer les masques. »

La FIQ juge d’autre part improbable que ses membres soient nombreux à lever la main pour aller travailler dans le réseau des CHSLD de Montréal dans les prochains jours. « Malgré la fermeture du D2 (département de médecine) à l’hôpital de Chicoutimi, nous avons eu du temps supplémentaire obligatoire pendant la fin de semaine au CHSLD de la Colline. Il faut prier pour qu’il n’y ait pas de seconde éclosion dans un CHSLD de la région. »

La FIQ tente pour le moment de ramener au travail des inhalothérapeutes qui sont en ce moment à la maison. Il y a de ce côté un bassin d’approximativement 75 professionnels de la santé qui sont les grands spécialistes des problèmes respiratoires.

« Nous avons reçu des appels de nos membres. Les inhalothérapeutes sont habitués de vivre dans des contextes de contagion. Ils se promènent partout dans les hôpitaux et doivent régulièrement porter les équipements de protection. En ce moment, la Direction des soins infirmiers est en réflexion et la Direction des services multi, qui gère les inhalothérapeutes, ne semblent pas vouloir autoriser le retour au travail de ces personnes qui pourraient très bien se greffer à des équipes de soin et rapidement faire du travail de préposé ou infirmier », a conclu la présidente de la FIQ.