La présidente de la FIQ régionale, Julie Bouchard, réclame une fois de plus un projet-pilote avec le port des masques N95 pour le personnel dans le unités COVID-19 à l’hôpital de Chicoutimi et le recours à Airmédic pour le transport des patients vers Québec.
La présidente de la FIQ régionale, Julie Bouchard, réclame une fois de plus un projet-pilote avec le port des masques N95 pour le personnel dans le unités COVID-19 à l’hôpital de Chicoutimi et le recours à Airmédic pour le transport des patients vers Québec.

La FIQ propose un projet-pilote N95

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) du Saguenay-Lac-Saint-Jean demande une fois de plus au CIUSSS de lancer un projet-pilote avec les masques N95 afin de freiner la contamination du personnel à l’hôpital de Chicoutimi.

La présidente du syndicat, Julie Bouchard, souhaite qu’il y ait une plus grande écoute. Elle cite en exemple la décision du CIUSSS d’imposer des gardes obligatoires pour le personnel des soins intensifs et des urgences des hôpitaux de Chicoutimi, Jonquière, Alma et La Baie.

Le bilan de mercredi fait état de 117 nouveaux cas, dont encore 18 infections à l’hôpital de Chicoutimi. Ce qui porte le bilan à 257 employés infectés jusqu’à maintenant et 37 usagers.

« On le dit depuis le début, mais personne ne veut en parler parce que la Santé publique décide que les masques N95 ne sont pas nécessaires. Pourquoi on ne profite pas de la situation pour faire une expérience à l’hôpital de Chicoutimi et permettre au personnel dans les unités de soins COVID-19 de porter le masque N95? », questionne Julie Bouchard.

Elle est convaincue que le gouvernement a aujourd’hui assez de masques N95 pour pouvoir en fournir au personnel soignant dans les unités en question. Par contre, elle est consciente que le prix est différent et qu’un masque N95 coûte beaucoup plus cher.

« C’est vrai qu’un masque N95 coûte peut-être 15 $ et qu’un masque de procédure coûte 25 cents, mais le taux supplémentaire qui va être payé cette année pour la COVID-19 est astronomique. On va prendre des tests de qualité d’air dans les écoles pour la transmission et on ne pense pas que le même problème peut aussi se présenter dans nos unités de soins avec des dizaines de patients atteints. »

257 employés sont infectés par la COVID-19 à l’hôpital de Chicoutimi.

La FIQ régionale considère que le personnel a besoin de signaux clairs, de la part de l’employeur, pour démontrer que ce qu’elle dit est pris en compte. Elle avance que les mêmes problèmes sont rencontrés dans d’autres situations, comme l’imposition de la garde obligatoire pour le transfert des patients COVID-19 aux soins intensifs à l’Institut de cardiologie de Québec ou un autre hôpital de la capitale.


« C’est vrai qu’un masque N95 coûte peut-être 15 $ et qu’un masque de procédure coûte 25 cents, mais le taux supplémentaire qui va être payé cette année pour la COVID-19 est astronomique. On va prendre des tests de qualité d’air dans les écoles pour la transmission et on ne pense pas que le même problème peut aussi se présenter dans nos unités de soins avec des dizaines de patients atteints. »
Julie Bouchard, FIQ

« On a dit clairement à l’employeur qu’on pouvait trouver d’autres solutions pour éviter d’imposer des mesures. Les professionnelles en soins en ont assez et n’en peuvent plus de ces décisions. Ils sont soumis au temps supplémentaire obligatoire et quand ils ont enfin une journée de congé, on va leur imposer une garde de 12 heures en leur payant une seule heure de travail. »

Selon Julie Bouchard, une garde oblige l’employé à se rendre à son lieu de travail en moins de 30 minutes. Il ne doit pas avoir consommé d’alcool et, dans le cas de Québec, ne sera pas de retour à la maison avant 6 ou 7 heures.

« Ce n’est pas on embarque dans l’ambulance et on va mener le colis à Québec. Il faut préparer le dossier. Ça prend un médecin, une infirmière et une inhalothérapeute. On doit se rendre à Québec. Une fois sur place, on doit faire le transfert du dossier à l’hôpital avec ce que ça nécessite comme communication et après on prend le chemin du retour. »

« Ils ont décidé d’imposer une solution et ça va créer une crise et, dans l’état actuel des choses, c’est normal. Derrière les masques, il y a des humains et on va devoir s’asseoir pour tenter de trouver une meilleure solution qui pourrait être d’offrir des avantages à ceux qui souhaitent faire les gardes. On pourrait même évaluer la possibilité de demander à Airmédic d’effectuer les transferts pour ménager un peu ceux et celles qui ne sont pas encore tombés au combat », explique Julie Bouchard.

En raison de l’état de fatigue de ses membres et surtout de la pression toujours importante exercée sur les conditions de travail, la présidente de la FIQ régionale ne voit pas comment le gouvernement du Québec peut prendre le risque d’accorder les permissions prévues dans la période des Fêtes. Elle rappelle que janvier est toujours un très gros mois pour les services de première ligne et qu’il serait impossible de passer à travers en ajoutant une remontée des cas de COVID-19.