Julie Bouchard, présidente régionale de la FIQ
Julie Bouchard, présidente régionale de la FIQ

La FIQ et le CIUSSS concluent une entente historique

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec au Saguenay-Lac-Saint-Jean (FIQ) et le CIUSSS ont conclu une entente historique qui permettra à toutes les infirmières et infirmières auxiliaires qui détiennent des postes à temps partiel de les rehausser jusqu’à un temps complet dans leur centre d’activités.

La nouvelle a été annoncée pendant la soirée de mercredi par la présidente de la FIQ régionale, Julie Bouchard, dans le cadre d’un « Facebook live », et est effective dès jeudi matin (8 octobre). Dans une entrevue accordée au Quotidien à la fin de cette présentation, Julie Bouchard a déclaré qu’il s’agissait d’une journée importante pour les professionnelles en soins puisque cette décision aura des impacts à court, moyen et long terme pour les équipes de travail.

« Il s’agit dans un premier temps d’une démarche volontaire. Il n’y a pas d’obligation. Aussi, si une personne a un poste de deux quarts de travail par semaine, elle pourra l’augmenter à trois ou quatre quarts jusqu’à un poste à temps complet et l’employeur doit lui accorder. »

Selon la présidente de la FIQ, l’entente permettra à court terme de donner une plus grande stabilité aux équipes de travail dans chacun des centres d’activités. L’autre conséquence à court terme sera de mettre de la pression sur les infirmières et infirmières auxiliaires qui préféraient occuper un « petit poste » et de combler leur semaine de travail en choisissant parmi les quarts de travail disponibles en raison de la pénurie de main-d’œuvre.

« Avec cet exercice, il y aura automatiquement moins de quarts de travail disponibles pour celles qui préféraient choisir pour combler leur semaine de travail. La situation pourrait donc faire en sorte qu’elles vont préférer tenter d’obtenir plus de stabilité en demandant à l’employeur d’augmenter leur nombre de quarts de travail. »

À moyen terme, lorsque l’exercice sera complété, le CIUSSS sera en mesure de mieux évaluer les véritables besoins pour tout le volet des soins infirmiers. Julie Bouchard ne peut présentement évaluer l’ampleur de la pénurie, mais il y aura encore des besoins au terme de cet exercice.

Une meilleure attractivité

Dans une perspective à long terme, reprend la présidente, le CIUSSS se donne les moyens d’avoir une plus grande attraction pour les finissantes. Dans le passé, le CIUSSS offrait des « petits postes » pour les finissantes alors que les hôpitaux des grands centres proposaient des emplois plus intéressants. « Ça ne va pas bien quand il sort plus de monde que ceux qui entrent », a déjà déclaré Julie Bouchard.

L’entente conclue avec la FIQ régionale ouvre également la porte à une amélioration significative des postes dédiés aux inhalothérapeutes. Le CIUSSS a accepté de permettre à ce groupe d’employés d’augmenter à 7 quarts de travail pour une période de 15 jours alors que les règles étaient de 4 quarts de travail par période de 15 jours. Toujours selon la présidente de la FIQ, il s’agit d’un gain significatif pour les inhalothérapeutes qui détiennent des « petits postes », en plus de l’effet sur le recrutement des finissants dans cette discipline.

LA DEUXIÈME VAGUE PRÉOCCUPE

La FIQ régionale a malgré tout des préoccupations en lien avec la seconde vague de la pandémie. La transmission du virus dans la communauté rend la situation plus complexe à gérer puisqu’elle provoque des retraits de travailleuses un peu partout. La pénurie de main-d’œuvre, qui était une réalité avant la première vague, est loin d’être résolue.

« Pendant la première vague, il y avait surtout des éclosions dans le milieu de la santé. Maintenant, ce sont des infirmières dont le conjoint ou un enfant ont été exposés à une personne qui est infectée qui doivent être retirées. Ce sont des situations qui surviennent tous les jours et sur l’ensemble du territoire », précise Julie Bouchard.

La pression est également toujours forte dans les départements de chirurgie. Le CIUSSS maintient le rythme afin de diminuer les listes d’attente. Le personnel est donc limité pour supporter les centres d’activités qui doivent composer avec le retrait d’employés pour des raisons sanitaires.

« Nous avons encore beaucoup de temps supplémentaire obligatoire, de temps supplémentaire et des professionnelles qui quittent jour après jour pour des congés de maladie », a conclu Julie Bouchard.