Comme des milliers d’élèves de jeunes, c’est la dernière journée de classe de Marlène Fortin. Mais elle dite au revoir pour bon.

La fin des classes pour madame Marlène

La fin des classes sonne pour quelques dizaines de milliers d’élèves du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Si cette période est toujours synonyme de fébrilité pour les jeunes et les enseignants, elle l’était un peu plus pour Marlène Fortin cette année.

Après 35 ans de service, l’enseignante en maternelle dit au revoir pour de bon à l’école Saint-Joseph d’Alma. « Je suis émotive, c’est sûr. Je vis en ce moment des émotions entremêlées », lance d’emblée la nouvelle retraitée, qui a reçu plusieurs cadeaux de ses jeunes élèves, âgés pour la plupart de 5 ans.

Même si la dame est prête à tourner la page, elle demeure visiblement passionnée par son travail. Les manchettes rapportent des conditions difficiles dans le milieu de l’enseignement. Ce n’est cependant pas ce qu’elle retiendra.

« En maternelle, c’est différent. Les jeunes ont l’âge de la pureté. Ils t’aiment automatiquement. C’est de l’amour qu’on reçoit. Et je dois dire que j’ai terminé ma carrière avec une classe de rêve », décrit-elle.


«  Les jeunes ont l’âge de la pureté. Ils t’aiment automatiquement. C’est de l’amour qu’on reçoit.  »
Marlène Fortin

Un milieu en évolution
Marlène Fortin admet que le milieu a changé. Si, au départ, une enseignante de maternelle faisait davantage « de bricolage », aujourd’hui, les enfants font des activités éducatives.

Les jeunes de maternelle d’aujourd’hui sont plus avancés dans leur éducation ? « Je pense qu’ils sont rendus là. Ils sont différents des élèves d’une autre époque. Ils sont constamment stimulés. Ils ne peuvent pas jouer avec quelques jeux ou faire du bricolage. Ils veulent plus », constate l’enseignante.

La maternelle à temps complet en est aussi certainement pour quelque chose. Mme Fortin a connu l’époque où les jeunes allaient à l’école seulement une demi-journée. « Je pense que ç’a été une bonne chose, pour les parents et les enfants. Ils apprennent beaucoup à l’école . »

Un autre changement marquant est la diminution drastique du nombre d’enseignants masculins. Juste un petit regard sur les photos de classes des dernières années, affichées sur les murs de l’école almatoise, prouve que le milieu scolaire est devenu une affaire de femmes.

En 2001-2002, 17 employés sur 40 étaient masculins. En 2016-2017, la même école embauchait trois hommes contre 47 femmes.

« On a vu la différence. Maintenant, on court après les hommes. Ils sont comme des perles rares. Parce que pour certains jeunes, les hommes sont plus appropriés. Pas parce que les hommes enseignent mieux ou moins bien. Mais on a des façons différentes d’enseigner. Ça prend les deux dans une école », estime Mme Fortin, qui ne peut cependant pas expliquer pourquoi les hommes ont délaissé la profession.

La tâche s’est aussi alourdie dans les dernières années pour les enseignants. Ils doivent s’adapter aux programmes qui changent souvent. « C’est aussi ça, la beauté de la chose. Ce n’est pas stable. Ça évolue. »

Et son conseil pour les futurs enseignants de niveau préscolaire ? « Il faut aimer les enfants. Et il faut surtout qu’ils le ressentent. Ce n’est pas suffisamment de dire qu’on aime les jeunes », exprime Mme Fortin, dont le dynamisme ne s’est pas essoufflé après toutes ces années d’enseignement.