Le syndicat des responsables de services de garde en milieu familial souhaite qu'un arbitre indépendant évalue le calcul de la rémunération.
Le syndicat des responsables de services de garde en milieu familial souhaite qu'un arbitre indépendant évalue le calcul de la rémunération.

La Fédération des intervenantes en petite enfance en grève générale illimitée

La Presse Canadienne
Le syndicat des responsables de service de garde en milieu familial avait entrouvert une porte pour éviter le déclenchement d’une grève illimitée, lundi, mais celle-ci s’est finalement refermée en fin de journée.

Une première conférence de presse avait même été reportée dimanche matin «en raison de progrès effectués à la table de négociation».

Quelques heures plus tard, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) a annoncé qu’elle souhaitait qu’un arbitre tranche pour déterminer la rémunération de ses membres. Elle se disait alors prête à suspendre ses moyens de pression si le gouvernement accepte son offre.

En fin d’après-midi, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a annoncé sur Twitter qu’il avait demandé au ministre du Travail de nommer, non un arbitre, mais un médiateur. «Une grève en pleine pandémie aura des impacts importants pour les tout-petits et leurs parents», a-t-il commenté.

Le ministre a plus tard rappelé par voie de communiqué qu’il s’agissait d’une «pratique courante dans toute négociation d’avoir recours à la médiation en cas d’impasse».

«La situation actuelle est déjà une source de stress pour plusieurs familles. Tous les efforts doivent être faits à la table de négociation pour qu’on en arrive à une entente», a-t-il déclaré.

Mais la nuance n’a pas semblé plaire au syndicat qui a annoncé quelques minutes à peine après l’annonce de M. Lacombe le déclenchement de la grève générale illimitée.

«Devant le refus du ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, de confier le calcul de la subvention des Responsables en services éducatifs en milieu familial (RSE) à un arbitre, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) annonce le déclenchement de la grève générale illimitée de ses 10 000 membres en milieu familial régi et subventionné partout au Québec», a écrit le syndicat.

Selon le syndicat, le ministre avait formulé trop de conditions. «Le ministre propose d’avoir un droit de veto sur le rapport d’un tiers sur notre rémunération. Ça démontre bien qu’il n’a aucune confiance dans son propre calcul. En plus, il propose qu’on ne signe pas d’entente avant le rapport, donc pas de rétroactivité salariale. C’est un affront complètement inacceptable», a écrit le conseiller aux communications dans un courriel transmis à La Presse Canadienne.

La grève générale commencera lundi.

Offre «insultante, méprisante et déconnectée»

Encore dimanche après-midi, la FIPEQ-CSQ décrivait l’offre du gouvernement comme étant «insultante, méprisante et déconnectée».

Selon le syndicat, le gouvernement offre aux responsables une subvention de 12,83 $ l’heure, alors que le syndicat réclame au minimum 16,75 $ l’heure.

«L’écart entre les parties est encore trop importante et la grève illimitée générale, demain, est inévitable», a fait valoir la présidente de la FIPEQ-CSQ Valérie Grenon, en conférence de presse virtuelle.

La FIPEQ-CSQ dit vouloir offrir une «voie de passage» au ministre en nommant un tiers indépendant pour trancher sur la question de la subvention.

«Si lui, le ministre est prêt à embarquer là-dedans, on va signer une entente cet après-midi ou ce soir et on va arrêter le mouvement de grève qui débuterait demain matin», a indiqué Mme Grenon.

Le syndicat a confiance que l’arbitre leur aurait donné raison.

«Nous, ce qu’on veut, c’est qu’un tiers tranche. Nous, on est sûrs de nos calculs», a-t-elle assuré.


« L’écart entre les parties est encore trop importante et la grève illimitée générale, demain, est inévitable »
La présidente de la FIPEQ-CSQ, Valérie Grenon

La FIPEQ représente 10 000 responsables de services de garde en milieu familial (RSE). Celles-ci avaient terminé vendredi leur grève tournante qui avait commencé le 1er septembre, touchant l’ensemble du Québec région par région. Elles se préparaient maintenant pour une grève générale illimitée, dès cette semaine, à défaut d’une entente avec le gouvernement.

Une quarantaine de rencontres de négociation ont eu lieu entre le ministère de la Famille et la Fédération des intervenantes en petite enfance (FIPEQ) de la CSQ depuis mars 2019. Les discussions étaient toutefois au ralenti depuis la fin du mois de juin, mais elles ont repris de façon plus intensive ce week-end.

La rémunération est le principal point en litige, ainsi que l’accueil d’enfants ayant des besoins particuliers et une compensation pour le fait de devoir remplir le «dossier de l’enfant» et rencontrer les parents à cet effet.

Les responsables de services de garde en milieu familial ne sont pas rémunérées à l’heure. Elles touchent plutôt une subvention du ministère de la Famille pour offrir le service à leur domicile. Cette subvention est prévue dans une entente de services, qui fait présentement l’objet de la négociation.

Leur deuxième source de revenus est la contribution parentale, soit 8,35 $ par enfant par jour, de laquelle elles touchent 7 $.