Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), explique que la tournée a pour but de rappeler l’importance de l’école publique au sein de la société québécoise.

La FAE en tournée provinciale

Les membres de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) se sont rendus au bureau de la ministre Andrée Laforest, mardi matin, à Chicoutimi, pour discuter des enjeux entourant les négociations de leur convention collective, qui arrivera à échéance le 31 mars 2020.

Mme Laforest étant absente, les membres de la FAE ont pu parler avec son attaché politique, Mario Gagnon, afin de faire entendre leurs demandes. Sylvain Mallette, président de l’organisation, explique que la tournée est en réaction à des propos du premier ministre François Legault concernant le domaine de l’éducation.

« On a organisé une tournée des régions du Québec parce que c’est en réagissant à des propos qu’à tenus le premier ministre Legault lorsqu’il parlait d’éducation en disant qu’il parlait au nom de la population. Comme on présentait, à la fin du mois d’octobre, nos demandes, on s’est dit “on va aller rencontrer la population”. Pourquoi ? Parce qu’on au-delà de nos conditions de travail, c’est l’avenir de l’école publique. Quand on parle de nos conditions de travail, on parle des conditions d’apprentissage des élèves, donc on parle de l’école publique, des moyens et des ressources dont elle doit disposer pour assumer sa mission auprès des élèves. »

Même si la FAE ne compte pas de membres dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, M. Mallette croit que la rencontre avec la population est le moment de rappeler « l’importance de l’école publique, quel rôle joue l’école publique dans le développement du Québec, mais surtout des régions ». Il affirme avoir reçu un accueil très chaleureux de la part des communautés rencontrées.

Parmi les revendications soulignées par la FAE, on dénote la reconnaissance de la profession d’enseignant, notamment par l’amélioration du salaire, l’amélioration de la composition des classes et l’allègement du fardeau de la tâche de travail. « On demande au gouvernement d’effectuer un rattrapage salarial, de nous ramener à la moyenne canadienne, parce qu’actuellement les profs québécois sont les moins bien payés au Canada, ce sont eux qui doivent attendre le plus longtemps avant d’atteindre le maximum de l’échelle [salariale]. Pour nous, quand le premier ministre nous dit qu’il veut revaloriser la profession enseignante, qui est une profession qui souffre de la désertion professionnelle, qui souffre de la pénurie de personnel, ça passe entre autres par de meilleurs salaires, donc de nous reconnaître à notre juste valeur, qui est pour nous la moyenne canadienne », énonce Sylvain Mallette.

Le président de la FAE souligne que l’amélioration des conditions passe par une meilleure composition des classes. « Actuellement, on le sait, la classe ordinaire l’est de moins en moins, parce qu’il y a une intégration sauvage et désordonnée d’élèves en difficultés sans ressources et sans services, et il y a aussi une multiplication des projets pédagogiques sélectifs à l’intérieur même de l’école publique, ce qui fait qu’on retire des élèves performants des groupes ordinaires pour les envoyer dans des groupes à projet pédagogique particulier, ce qui affecte la capacité qu’a le prof de répondre aux besoins de tous les élèves. » Il rappelle que 25 % des nouveaux enseignants quittent la profession avant la 5e année de pratique, une statistique qu’il impute aux conditions de travail très difficiles de l’emploi.

L’organisation dénonce également le projet de loi 40, qui vise à modifier la gouvernance scolaire, notamment par l’abolition des commissions scolaires. « On lui a parlé (à Mario Gagnon) du projet de loi 40, qui ne vise pas seulement à abolir les élections scolaires, qui vient réécrire de fond en comble la Loi sur l’instruction publique. On a rappelé l’importance de faire les choses correctement, de prendre le temps d’écouter les groupes, les individus, pourquoi ? Parce que là encore, l’école publique appartient à toute la population. »