Marie-Ève Lavallée et Carolane Bouchard iront à la rencontre de la population tout l'été afin de sensibiliser les gens à la problématique des drogues du viol.

La drogue du viol toujours présente

Les drogues du viol continuent de faire des victimes. Pour une dixième année consécutive, la problématique fait l'objet d'une campagne de sensibilisation estivale de la Maison Isa sur le territoire de Saguenay. Comme quoi une décennie plus tard, la situation est toujours préoccupante.
La Maison Isa (Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) mène cet été encore une campagne de sensibilisation et de prévention des agressions à caractère sexuel par intoxication. Jusqu'au 15 août, Carolane Bouchard et Marie-Ève Lavallée, deux étudiantes au baccalauréat en Travail social également intervenantes de sensibilisation à la Maison Isa, iront à la rencontre de la population en se déplaçant dans les festivals et maisons de jeunes de la ville.
Si pour la plupart des gens drogue du viol rime avec GHB, l'intervenante Marie-Ève Lavallée confirme que plusieurs substances peuvent être considérées comme telles.
«L'alcool est la drogue du viol la plus utilisée. On oublie qu'une personne dont le jugement est altéré par l'alcool ne peut consentir de manière libre et éclairée à une activité sexuelle», explique-t-elle.
À partir d'une vidéo évoquant une agression sexuelle où la drogue du viol est utilisée, les intervenantes inviteront les adolescents rencontrés dans les maisons de jeunes à réfléchir sur la question du consentement.
«Le consentement, ce n'est pas juste un ''oui'' ou un ''non''. C'est important que le consentement soit clair», souligne Marie-Ève Lavallée.
La campagne de sensibilisation se veut également l'occasion d'informer la population sur les différentes formes d'agressions à caractère sexuel, ainsi que sur les moyens de prévention et d'intervention pour y faire face.
«On dit souvent aux filles de surveiller leur verre, mais le but c'est aussi de responsabiliser les agresseurs», insiste l'intervenante.
«On estime que 10% des victimes portent plainte à la police. On peut donc s'imaginer qu'il y a dix fois plus d'agressions que ce qui est dénombré. Une chose est certaine, ce n'est pas un phénomène en décroissance.»
Au cours de leur tournée, les intervenantes utiliseront des paquets de gomme comme outils de sensibilisation. «Chaque fois que les gens sortent le paquet de gommes, ils jettent un oeil dessus. L'emballage contient notamment les ingrédients du consentement», souligne l'intervenante.
Des porte-clés à l'effigie de la Maison Isa et des macarons portant la mention «Pour un monde sans violence sexuelle» seront également distribués.