La douance est une priorité régionale depuis novembre dernier. Les quatre commissions scolaires souhaitent que les élèves doués obtiennent la même attention que les jeunes ayant des troubles d’apprentissage.

La douance maintenant une priorité régionale

Alors que les écoles de la province commencent à peine à s’intéresser à la douance, la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean se préoccupe des élèves doués depuis 2010.

Les enseignants d’Alma et des municipalités voisines savent reconnaître ces enfants à haut potentiel académique et offrent un accompagnement personnalisé depuis déjà quelques années. Des outils ont également été développés par la commission scolaire jeannoise qui a devancé bien des écoles du Québec. 

Une démarche qui a inspiré les trois organisations du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui font maintenant de la douance une priorité régionale. Un comité composé de représentants des quatre commissions scolaires a été créé en novembre dernier pour élaborer un guide de services destinés aux enfants doués et talentueux. 

« On peut en effet dire qu’on a été précurseur dans le domaine. Mais maintenant, c’est une priorité régionale. On va tous travailler ensemble pour améliorer les services. Car on croit à l’égalité des chances de tous les élèves. Notre mission est d’amener les élèves vers leur plein potentiel, autant ceux en trouble d’apprentissage que les doués  », résume Jacinthe Fortin, conseillère pédagogique et responsable de ce dossier à la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean.

Composé de psychologues et de conseillers pédagogiques, le nouveau comité se réunit une fois par mois. Ensemble, ces experts créeront un guide de services pour que les jeunes doués obtiennent autant d’accompagnement que les élèves en trouble d’apprentissage.

« Comme société, on ne peut pas se passer de ces élèves. On ne peut pas gaspiller ces ressources. Ce sont des gens qui font avancer le monde », constate Isabelle Waltzing, orthopédagogue aux Rives-du-Saguenay et responsable du comité régional.

« Après vérification, il y a en effet très peu de commissions scolaires qui s’y attardent. Donc, que la région se mobilise de cette façon, c’est très avant-gardiste », ajoute-t-elle.

C’est après avoir repéré quelques cas particuliers que cette dernière et son organisation ont commencé à se préoccuper de cette clientèle.

« Il y avait des cas d’échec sur lesquels on m’a demandé d’investiguer. Il y avait dans ces cas des jeunes à haut potentiel académique. C’est d’ailleurs reconnu que 45 % à 50 % des élèves qui doublent une année scolaire sont des jeunes susceptibles d’être des élèves à haut rendement. Lorsqu’on s’est rendu compte de cette situation, les gestionnaires ont rapidement emboîté le pas. Il faut répondre à ces besoins pour avoir accès à ce potentiel-là. »

Cette dernière admet qu’il existe encore beaucoup de préjugés entourant cette clientèle que les experts ont surnommé comme étant douée et talentueuse. Des qualificatifs qui ne siéent pas toujours bien à ces jeunes qui se retrouvent parfois en situation d’échec. 

« Il y a de la méconnaissance. Certains se disent que s’il est doué il devrait être bon dans tout. Ce n’est pas vrai. Certains s’en tirent très bien et ne vivent pas de problématiques. Mais d’autres sont malheureux, ils ont un comportement atypique, ils ne s’intéressent pas aux mêmes choses que les autres. Et les aider à se dépasser, ce n’est pas de leur donner plus d’exercices à faire, c’est plus complexe que ça. Ces élèves ont d’ailleurs un important sens de la justice, donc leur donner plus de travail, pour eux, ça représente une injustice », donne en exemple Mme Waltzing.

Dans les écoles jeannoises, l’aide est personnalisée. Les jeunes doivent remplir un questionnaire en précisant leurs intérêts. Les enseignants peuvent ensuite proposer des activités en se basant sur ces intérêts. L’accélération scolaire est une pratique courante, mais elle doit se faire de manière progressive. Plutôt que de sauter une année complète, on débute avec l’accélération d’une matière à la fois.