Accompagnée du conseiller municipal Carl Dufour, l’écrivaine Sophie Torris a participé au lancement du livre Rappelle-toi, Arvida, vendredi, à la bibliothèque municipale d’Arvida. Il a été tiré à 250 exemplaires et renferme de jolies illustrations réalisées par l’artiste saguenéenne Natalie Birecki.

La deuxième vie de Rappelle-toi, Arvida

Il y a eu le conte. Voici le livre. D’abord portée par la parole, l’histoire imaginée par l’écrivaine Sophie Torris dans Rappelle-toi, Arvida a entamé une nouvelle vie, vendredi, lors du lancement d’un livre comprenant des illustrations de l’artiste Natalie Birecki. Il fait 28 pages, en incluant la couverture, et pour se procurer l’un des 250 exemplaires imprimés à l’initiative de la Ville de Saguenay (le coût est de 5 $), il suffit de se rendre à la bibliothèque municipale d’Arvida.

Le choix du lieu s’imposait, puisque c’est là que l’auteure a effectué une résidence de création, du 20 mars jusqu’à la mi-mai. Ainsi qu’elle l’a mentionné lors de son allocution, sa mission consistait à produire une oeuvre littéraire destinée aux enfants, laquelle devait renfermer une part de l’ADN d’Arvida. Son premier réflexe fut de plonger tête première dans les archives. « Pour une femme qui vient d’un autre nord, celui de la France, ce fut toute une expérience. Je me suis perdue là-dedans », a-t-elle confié.

Le salut est venu des usagers de la bibliothèque, au fil de conversations enveloppées du doux parfum de la nostalgie. « J’ai réalisé que ce sont eux qui portent la mémoire d’Arvida », rapporte Sophie Torris. Et justement, c’est de la mémoire, ou plutôt de son absence, dont il est question dans le conte. Une reine baptisée Arvida ne se souvient plus de rien, ce qui provoque un effet d’entraînement au sein de la communauté. Rien de plus normal, puisque mémoire et raison d’être vont de pair.

Deux autres sources d’inspiration ont donné corps au récit, soit le texte de Larry Tremblay intitulé La reine qui ne voulait plus manger, ainsi que la sculpture de Jean-Robert Drouillard, Le voyage d’Arvida et de Jesodro, installée à côté de la bibliothèque. L’inventivité de Sophie Torris a fait le reste, tant et si bien que le conte séduit autant les adultes que les enfants.

« Quand on m’a appris qu’il y aurait une résidence artistique à la bibliothèque, je me suis dit : ‘‘Quelle bebelle ce sera encore ? ’’ Puis, j’ai vu travailler madame Torris et juste de l’entendre réciter le conte, ça m’a donné des frissons », a ainsi mentionné le conseiller municipal Carl Dufour. Puisqu’il s’agissait de sa première sortie en tant que président de la commission des arts et de la culture, il a pris un moment pour remercier son prédécesseur, Jonathan Tremblay, dont la démission est effective depuis aujourd’hui (samedi).

Signe de l’intérêt suscité par le livre, le lancement a eu lieu dans une salle pleine, à telle enseigne que plusieurs sont restés debout. Le clou de la cérémonie a été la lecture des premières pages par Sophie Torris, dont le regard se promenait entre les enfants assis par terre, à sa droite, et les adultes formant le reste de l’assistance. Son visage a exprimé le désarroi des sujets de la reine, puis l’espoir incarné par le conseiller Carfour (oui, c’est celui à qui vous pensez), déterminé à tirer le royaume de ce mauvais pas.

Ajoutez les jolies images produites par Natalie Birecki, laissant filtrer un sens du merveilleux évocateur de l’esprit de Chagall, et vous obtenez une oeuvre susceptible de s’inscrire dans la durée. Aussi inaltérable qu’un lingot d’aluminium. Aussi charmante que le bâtiment où elle a vu le jour.