Au-delà de son implication politique, Nancy Guillemette aime passer du temps dans la nature, en se promenant en raquette au chalet, par exemple. Depuis quelques années, elle développe aussi une érablière familiale sur une terre près de Val-Jalbert où elle a planté 2800 érables à sucre.

La deuxième fois fut la bonne pour Nancy Guillemette

Quand la Coalition avenir Québec (CAQ) l’a approchée pour la première fois afin, en mai dernier, de devenir la candidate aux élections générales d’octobre, Nancy Guillemette n’était pas prête à faire le grand saut, car son conjoint souffrait de problèmes de santé. « Je n’avais jamais pensé me présenter en politique provinciale », remarque-t-elle aujourd’hui.

Quelques mois plus tard, la situation s’était améliorée et la femme de 50 ans a décidé de se lancer. « Je me suis demandé si j’étais vraiment la bonne personne, mais après y avoir réfléchi, j’ai décidé d’essayer », dit-elle.

Mais pourquoi se présenter pour la CAQ ? « La CAQ, c’est une coalition de plusieurs partis, ce qui amène une richesse et différentes idées, et ça me rejoint, remarque la native de Saint-Méthode qui a vécu toute sa vie à Roberval, avant de déménager à Chambord, il y a quelques années. C’est aussi le parti des régions et François Legault nous dit toujours de rester proches de nos gens et de rester à l’écoute de ce qui se passe sur le terrain. »

Après avoir travaillé pendant une quinzaine d’années au sein de l’organisme Santé mentale Québec-Lac-Saint-Jean, notamment comme directrice générale, il est clair que la santé mentale est un sujet qui lui tient à cœur. « J’ai beaucoup aimé ce que j’ai entendu des ministres [Danielle] McCann et [Marguerite] Blais qui souhaitent déployer une politique pour les proches aidants tout en supportant davantage nos aînés », note Nancy Guillemette.

Élue avec 54,8 % des votes le 10 décembre dernier dans le cadre d’une élection partielle à la suite de la démission de Philippe Couillard, la représentante de la CAQ ne s’attendait pas à recevoir un appui aussi fort. Si elle admet qu’une partie des votes est due à l’attrait du pouvoir, elle croit tout de même que sa notoriété dans le milieu a fait gonfler les résultats en sa faveur. « On a beaucoup travaillé et on n’a pas lâché », dit-elle.

Il faut dire que Nancy Guillemette n’en est pas à ses premiers pas en politique, car elle a été conseillère municipale de la ville de Roberval pendant huit ans, jusqu’en 2017, et elle a siégé au conseil de la MRC du Domaine-du-Roy pendant quatre ans. Une expérience qui lui a permis de bien cerner les enjeux régionaux, que l’on parle de l’urbanisme, des algues bleues ou des enjeux communautaires, et ça l’aidera dans son rôle de députée, dit-elle.

Avant de faire de la politique municipale, elle a également agi en tant que directrice de campagne de Michel Larouche, pour la mairie de Roberval, ainsi que dans l’équipe de Denis Lebel, lorsqu’il a brigué un poste de député conservateur à la Chambre des communes.

« La politique ouvre la possibilité de changer les choses concrètement et de faire une différence dans la vie des gens », soutient la femme qui apprécie particulièrement le travail d’équipe.

Objectifs

Au cours des quatre prochaines années, la mère de trois enfants souhaite d’abord s’assurer qu’Internet haute vitesse et la téléphonie cellulaire soient accessibles partout sur le territoire. « Pour les développements économique et touristique, c’est une nécessité, dit-elle. Dans les villages du nord du Lac, les jeunes à l’université ne peuvent même pas revenir les fins de semaine parce qu’ils n’ont pas accès à Internet pour faire leurs travaux. »

De plus, Nancy Guillemette souhaite redorer l’image des travailleurs du domaine de la santé et des services sociaux tout en améliorant la prévisibilité des récoltes dans le secteur forestier.

Au cours des prochaines semaines, la nouvelle députée va prendre possession des dossiers et implanter deux bureaux de comtés, à Roberval et à Dolbeau-Mistassini, en plus d’embaucher une équipe de travail, qui devrait compter trois ou quatre personnes.

Même si elle n’a pas encore de bureau, le travail a déjà commencé, car le téléphone n’arrête pas de sonner depuis son élection. « Je veux rester proche des gens », conclut celle qui éprouve une certaine fierté à être la première femme à représenter le comté Roberval à l’Assemblée nationale.