Mireille Jean déplore que Saguenay ait autorisé la démolition de la Maison Riverin construite il y a 135 ans.

La démolition de la Maison Riverin dénoncée

Au lendemain de la démolition de la Maison Riverin, située au 353 rue Montcalm, pour l’aménagement d’un stationnement, la députée de Chicoutimi, Mireille Jean, réclame de la Ville qu’elle mette en place une politique du patrimoine bâti ou effectue sa mise à jour.

La députée, qui possède également une formation d’architecte, a déploré que Saguenay ait autorisé la démolition de cette résidence construite il y a 135 ans, un bâtiment qui représentait un potentiel patrimonial certain puisqu’elle était protégée par un Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA). Elle s’inquiète également du sort de l’immeuble qui sera réservé à l’immeuble qui abrite également l’organisme La Maestria. « Lorsqu’on met une protection patrimoniale, c’est parce qu’elle a une valeur au plan architectural ou historique. Il faut trouver des moyens pour protéger ce genre de bâtiments.»

Selon elle, Saguenay doit d’abord travailler à dresser un inventaire des immeubles possédant un potentiel patrimonial et décider lesquels devraient être protégés avec un statut. « Plusieurs maisons ont été démolies. Il y a de quoi s’inquiéter. Il faut faire un examen de conscience puisque le patrimoine est le témoin de notre histoire, qui nous dit qui nous sommes. Le patrimoine peut servir également à attirer les touristes », affirme-t-elle. 

Elle craint qu’à long terme, d’autres immeubles passent sous le pic des démolisseurs dans le secteur de la rue Montcalm, comme l’édifice Picard. 

Au-delà de ces considérations, Mme Jean est bien consciente que la désignation d’un immeuble comme bien patrimonial peut représenter un fardeau pour les propriétaires puisqu’ils ne peuvent disposer à leur guise de leur bâtiment.

Selon elle, dans de tels cas, des mesures de soutien devraient être offertes par les autorités publiques pour permettre de sauvegarder les immeubles en les déplaçant sur des terrains disponibles dans le même secteur. 

Elle rappelle que dans les années ‘80, alors qu’elle était directrice du programme Rues principales, elle avait oeuvré pour sauvegarder et faire déménager trois maisons patrimoniales de la rue Victoria à La Baie lors de l’aménagement du quai des bateaux de croisières. « Je pense qu’il ne faut pas juste laisser ça sur le dos des propriétaires. Il s’agit d’un enjeu collectif. Il faut développer une politique de protection qui soit cohérente et qui permet une vision globale.»

Maison Bossé

Elle a conclu en affichant sa satisfaction face à la décision du comité consultatif d’urbanisme de Saguenay de refuser le permis de démolition de la Maison Bossé (voir texte en page 14), sur la rue Racine, au profit du Manoir Champlain.