Pierre Drapeau et Richard Tremblay de l’Association des fournisseurs de Chantier Davie Canada ont profité du passage de Justin Trudeau à Saguenay, lundi, pour rappeler l’urgence de conclure les négociations liées au projet Resolute.

La Davie et ses fournisseurs somment Trudeau d'agir

L’Association des fournisseurs de Chantier Davie Canada somme Justin Trudeau de conclure les négociations liées à l’acquisition des quatre brise-glaces pour freiner les pertes d’emplois. Le regroupement, dont font partie des entreprises du Saguenay-Lac-Saint-Jean, a profité du passage du premier ministre dans la région pour rappeler l’urgence de la situation.

Il y a près de deux mois, le premier ministre avait assuré que les négociations allaient se tenir rapidement pour le projet Resolute, étudié depuis 2016 par le gouvernement fédéral et qui vise à renouveler la flotte de la Garde côtière. Mais les négociations piétinent, estiment le Chantier Davie et ses sous-traitants, qui se voient obligés de mettre à pied des centaines de travailleurs.

« On parle désormais d’une véritable saignée au sein de la chaîne d’approvisionnement. Les pertes d’emplois auprès des fournisseurs s’élèvent à plus de 700 dans les régions du Québec en plus des 800 mises à pied que Chantier Davie a été contraint d’effectuer vers la fin de l’année dernière en raison de la perte du contrat du second navire ravitailleur de la Marine canadienne, l’Obelix », a insisté Pierre Drapeau, président de la Fondation Chefs d’Entreprises et membre fondateur de l’Association des fournisseurs de Chantier Davie Canada.

Ce dernier, en compagnie du président de l’entreprise Char-Pol de la Baie, Richard Tremblay, a tenu un point de presse devant le centre des technologies du CNRC où se trouvait le premier ministre Trudeau, lundi matin.

« On est venu lui rappeler poliment l’urgence de conclure ces négociations. Lorsque la Davie fonctionne à plein régime, chez nous, ça représente 100 travailleurs. Ça veut dire 100 familles. Lorsque ces gens quittent, ils ne reviennent plus. On ne peut pas se permettre de perdre cette expertise dans le domaine maritime », a plaidé pour sa part M. Tremblay, espérant que le message se rende à Justin Trudeau.

Questionné lundi en marge de sa visite de l’usine AP60, Justin Trudeau n’a pas voulu s’avancer sur un échéancier ou sur les négociations. 

« Nous sommes contents d’être en négociation avec Chantier Davie. Nous avons besoin de brise-glaces pour la Garde côtière canadienne. Mais on ne négociera pas sur la place publique. Tout ce que je peux dire c’est que nous connaissons tous à quel point le travail de la Davie est extraordinaire et nous espérons bien continuer à travailleur avec eux pour les besoins de la Garde côtière », s’est contenté de répondre le premier ministre.

Partielle dans Chicoutimi-Le Fjord: le PCC aurait aimé une annonce

(Louis-Tremblay) - Le député de Richmond-Arthabaska et lieutenant politique québécois du Parti conservateur du Canada (PCC), Alain Rayes, aurait souhaité que le premier ministre du Canada Justin Trudeau profite de son passage dans la région pour décréter une élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord.

Le député conservateur admet que le premier ministre est justifié de faire une tournée dans le contexte actuel des relations économiques avec les États-Unis, mais aimerait que les citoyens de Chicoutimi-Le Fjord puissent compter sur un député. « Les gens de Chicoutimi-Le Fjord doivent avoir un représentant à Ottawa pour défendre les industries de l’aluminium, du bois ou de l’agriculture. C’est une question importante et aussi un enjeu démocratique pour la population », a plaidé le député lors d’un entretien téléphonique.

Alain Rayes juge que le gouvernement veut donner l’impression d’agir dans les litiges commerciaux avec les États-Unis alors que dans les faits, rien n’est mis en place pour faire face à la musique. Il rappelle l’adoption du dernier budget pour illustrer cette critique.

« De façon historique, tous les gouvernements canadiens ont prévu des programmes de soutien pour des secteurs économiques spécifiques lorsqu’il y a des négociations commerciales. Ce sont des programmes pour soutenir les secteurs en difficulté. Dans un budget de 400 pages, le gouvernement Trudeau n’a pas jugé important de prévoir des montants au cas où il devrait faire des compromis dans la négociation de l’ALÉNA », reprend Alain Rayes.

Selon le lieutenant politique, il n’y a aucune raison pour expliquer cet oubli dans le dernier budget fédéral. « L’économie va assez bien au Canada. Nous ne sommes pas capables de planifier malgré l’argent disponible. Au contraire, le gouvernement fait des déficits et surtout, est incapable de prévoir pour des situations difficiles. Ça ne s’explique pas. »

Le Parti conservateur juge que le gouvernement libéral n’aura aucune excuse si jamais les Américains décident de mettre un terme à l’ALÉNA et que notre économie traverse une période difficile. Alain Rayes indique que tout le monde sait que le président américain est imprévisible et peut du jour au lendemain prendre des décisions aux conséquences graves pour l’économie canadienne.

Alain Rayes est le lieutenant politique québécois du Parti conservateur du Canada (PCC).