Le chef des Pekuakamiulnuatsh, Clifford Moar

La cuisine traditionnelle dans les institutions publiques

La communauté de Mashteuiatsh demande au gouvernement québécois de réfléchir avec les Premières Nations à des mesures pour permettre de servir le fruit de la chasse, de la pêche ou de la cueillette d’un membre de la collectivité dans les institutions publiques autochtones.

Il s’agit d’une des trois pratiques discriminatoires identifiées par le conseil de bande innu dans son mémoire déposé jeudi, à Val-d’Or, lors de la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics.

Les Pekuakamiulnuatsh estiment que les nombreuses lois et directives sont trop strictes au Québec pour permettre la cuisine traditionnelle dans les deux établissements gérés par le conseil de bande, soit le centre pour personnes âgées et le service de garde de l’école. Cela restreint la communauté dans sa recherche d’autonomie, plaide celle-ci. Il serait intéressant par exemple d’apprêter des mets avec de la viande de gibier ou des poissons sauvages pour les repas des tout-petits et des aînés. La demande ne concerne pas les établissements commerciaux de Mashteuiatsh.

« Ce que nous souhaitons véritablement, c’est de nous assurer que les gouvernements s’acquittent de leurs obligations de soutenir les Premières Nations afin qu’elles puissent offrir des services adaptés à leur culture, ce qui n’est souvent pas le cas avec les programmes et les règles actuellement en vigueur », souligne dans un communiqué le chef des Pekuakamiulnuatsh, Clifford Moar.

Le financement du service de police reste un irritant pour la communauté, qui soutient recevoir 50 000 $ de moins par policier que les autres services québécois. Mashteuiatsh a accumulé un déficit de 3 millions $ avec les années.

« Il y a urgence d’agir, car encore une fois cette année, nous sommes confrontés à de l’incertitude concernant l’avenir de notre service, insiste le chef Moar. Malgré tous nos efforts, nous n’avons encore aucune nouvelle d’un renouvellement du programme de financement ni d’une entente pour l’année prochaine. »

Le conseil de bande souhaite aussi une meilleure gestion des frais engagés pour la livraison des services de protection de la jeunesse. Des jeunes innus sont hébergés en famille d’accueil à l’extérieur, et Mashteuiatsh débourse des montants pour assurer un contact avec la famille élargie dans la communauté. Cette dernière voudrait être une partie prenante dans le processus organisationnel, encore une fois dans la visée de faire preuve d’une plus grande autonomie.