Le président du Conseil central de la CSN, Engelbert Cottenoir (à droite), estime qu’il y a en ce moment des problèmes de santé au travail dans le système de santé. Son collègue de la FIM, Louis Bégin, juge de son côté nécessaire d’appliquer intégralement la loi.

La CSN voit loin et vise la prévention

La Fédération de l’industrie manufacturière affiliée à la CSN réclame l’application intégrale de la Loi sur la santé et sécurité au travail pour tous les travailleurs et une approche basée sur la prévention et le modèle paritaire dans les entreprises. Cette demande vise à renverser la tendance à la hausse des accidents mortels chaque année au Québec.

Le vice-président de la FIM-CSN responsable de la santé et sécurité au travail, Louis Bégin, effectueront une visite dans les milieux de travail de la région au cours des prochains jours. En point de presse au Conseil central du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il a déploré qu’encore aujourd’hui, les travailleurs québécois ne bénéficient pas tous des bénéfices de la loi. « Dans le secteur de la forêt, les travailleurs des usines de papier et ceux des scieries ne sont pas soumis aux mêmes articles de loi. Il y a encore des différences et cette situation remonte à la mise en place de la loi dans les années 1980 où il y avait eu l’identification des secteurs prioritaires. »

Louis Bégin enchaîne en soulignant qu’en plus de la loi, d’autres éléments sont à corriger en matière de santé et sécurité au travail si l’on veut améliorer le bilan. En 2016, la CNESST (Commisison des normes et de la santé et sécurité au travail) dévoilait les pires statistiques des 10 dernières années alors que 80 travailleurs sont morts dans un accident de travail, soit 11 de plus qu’en 2015 où 137 décédaient d’une maladie industrielle. La région n’a pas échappé à l’hécatombe avec sept décès en 2016.

Pour le vice-président de la FIM-CSN, il est maintenant assuré que les campagnes de publicité très dures de la CNESST ne sont plus suffisantes pour rendre les lieux de travail plus sécuritaires. Il propose à l’organisme responsable d’appliquer la loi de modifier son approche, ce qui consiste à offrir aux entreprises qui démontrent leur engagement dans des programmes paritaires des réductions sur la tarification de la masse salariale.

L’approche punitive qui consiste à augmenter le coût de la santé et sécurité sur la masse salariale à partir du simple bilan n’est visiblement pas plus productive que les campagnes de publicité. Un virage doit être pris selon les dirigeants de la CSN afin d’intégrer les travailleurs dans des structures conjointes où l’on développe des réflexes pour protéger la santé et sécurité au travail.