Marylin Potvin, Manon Tremblay, Guillaume Wilson-Patry et Nathalie Dupéré, représentantes syndicales de la CSN, ont affiché leur opposition au projet de loi 5 déposé par le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, sur la création des maternelles 4 ans.

La CSN s’oppose aux maternelles 4 ans

La CSN régionale poursuit les pressions contre la volonté du gouvernement caquiste d’imposer la création des classes de maternelles 4 ans avec son projet de loi no 5, et demande le libre choix aux parents de laisser leur enfant en service de garde.

En conférence de presse, les représentants syndicaux des services de garde ont réclamé du gouvernement qu’il augmente le nombre de places en centres de la petite enfance (CPE) et en milieu familial subventionné afin de continuer à offrir un service de qualité pour les 0-5 ans.

Dans le cadre de la campagne « 4 ans, c’pas grand », Marie-Line Potvin, responsable du Syndicat en services de garde Domaine-du-Roy, accompagnée de Nathalie Dupéré, présidente du Syndicat des travailleuses des Centres de la petite enfance, accompagnées de Guillaume Wilson-Patry, vice-président de la Fédération de la Santé et des services sociaux (FSSS-CSN), et Manon Tremblay, vice-présidente du Conseil central CSN, se sont demandés si Québec n’agit pas avec trop de précipitation et d’improvisation pour remplir sa promesse électorale.

L’une des préoccupations soulevées a trait à la pénurie d’enseignants, de techniciens en éducation spécialisée, en adaptation scolaire et services de garde qui fera en sorte qu’il sera impossible de combler les deux postes requis pour chaque classe de maternelle créée.

En raison de cette pénurie, il y a un risque de créer un drainage des ressources humaines provenant des CPE, un réseau qui a fait ses preuves et est maintenant copié dans les autres provinces. « On ne comprend pas l’attitude du gouvernement qui ouvre les classes 4 ans. On est déjà des spécialistes des 0-5 ans. Il faut laisser le libre-choix aux parents. On a développé le modèle CPE et le gouvernement veut mettre fin à ce modèle », a indiqué Mme Dupéré.

Un autre aspect que devront considérer les parents, selon Mme Potvin, est que fréquenter les classes de maternelles 4 ans est l’équivalent d’aller à l’école. Il faut se demander ce qu’il adviendra des enfants pendant les congés estivaux, journées pédagogiques et scolaires. De plus, les parents devront payer pour les services de repas et collations, des services qui sont compris dans les prix des services de garde subventionnés. On estime que la fréquentation des CPE ou services de garde en milieu familial représente un milieu mieux adapté pour les jeunes d’autant plus qu’à cet âge, plusieurs ne sont pas capables de monter seuls les marches d’un autobus scolaire ou ont besoin d’assistance pour aller à la toilette ou encore ont besoin de faire des siestes tout l’après-midi.

La CSN réfute les arguments du gouvernement à l’effet que la fréquentation des maternelles 4 ans apporte un plus pour la scolarisation en se basant sur les travaux de certains chercheurs comme Christa Japel, de l’Université du Québec à Montréal, qui a conclu que les maternelles 4 ans ont très peu d’effet sur la préparation à l’école.

Une autre doléance de la CSN a trait au rétablissement du tarif unique, une promesse qu’avait tenue la CAQ en période électorale après avoir dénoncé la taxe famille. Dans son dernier budget, Québec a annoncé qu’il faudra attendre 2022-2023 pour obtenir la fin de la contribution additionnelle pour la garde d’enfants.

De plus, il est demandé de mettre fin au crédit d’impôt pour les services de garde non régis et pour les garderies non subventionnées, estimant que les services de garde privés en milieux familiaux ne devraient pas être financés par les fonds publics, a indiqué Mme Potvin.

Les représentants syndicaux souhaitent rencontrer la députation régionale caquiste afin de faire valoir leur point de vue auprès d’eux. Jusqu’à maintenant, seule la députée de Roberval, Nancy Guillemette, a répondu à la demande au début de mars. La rencontre de la députée de Chicoutimi, Andrée Laforest, ex-propriétaire de services de garde, est particulièrement attendue.