Usine Alma de Produits forestiers Résolu
Usine Alma de Produits forestiers Résolu

La CSN réclame des actions pour relancer le secteur forestier

La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’est pas la seule à s’inquiéter de l’absence du secteur forestier du plan de relance économique du Québec, alors que la CSN régionale et la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM-CSN), réclament des actions énergiques des deux paliers de gouvernement.

Pour le moment, les inquiétudes de la CSN régionale concernent principalement la situation de l’usine de papier d’Alma. L’entreprise a été dans l’obligation de suspendre la production d’une machine à papier en raison de la détérioration des marchés causée par la pandémie. C’est pourquoi l’usine fonctionne en ce moment à une seule machine à papier.

« L’usine d’Alma tourne au tiers de sa capacité et la région ne profite pas de tous les emplois que ces deux papetières ont déjà générés. La crise actuelle pourrait encore diminuer les débouchés pour ces usines. Nous ne pouvons pas attendre de foncer dans le mur, il faut trouver une solution pour diversifier l’industrie forestière de la région et créer des emplois plutôt que d’attendre que ça ferme », insiste Yannick Gaudreault, trésorier du Conseil central du Saguenay-Lac-Saint-Jean (CSN) et responsable du secteur forestier, dans un communiqué diffusé mercredi.

La CSN considère qu’il serait opportun de profiter du renouvellement de la loi de la rivière Shipshaw (projet de Loi 50) pour interpeller Produits forestiers Résolu afin d’identifier des solutions pour l’avenir et assurer la transformation de l’industrie et le maintien des emplois.

« Résolu profite de nos richesses naturelles, mais doit générer le maximum d’emplois avec celles-ci. Nous sommes conscients que la crise rend cette transformation difficile et nous demandons l’intervention des gouvernements du Québec et du Canada », ajoute Yannick Gaudreault.

Devant l’ampleur du défi de la transformation de l’industrie, la CSN et la FIM exigent que les deux paliers de gouvernement s’entendent pour accorder un appui à l’investissement. La crise du papier, accentuée par la pandémie, pourrait devenir un enjeu important pour la transformation des copeaux. Ces résidus de bois assurent aux entreprises de sciage des marges de profitabilité.

La CSN a repris les propos de la présidente du Conseil sur la stratégie industrielle du Canada, Monique Leroux, qui doit assister le gouvernement dans le cadre de la relance. Cette dernière déclarait qu’il était important de procéder à une relance industrielle et surtout de le faire de façon durable en tenant compte des nouveaux critères en matière d’environnement.

« L’industrie forestière du pays doit faire partie de cette relance verte et nous souhaitons vivement qu’Ottawa inclue le secteur forestier dans ses plans », affirme Louis Bégin, président de la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM – CSN).

« Le ministre de la Forêt, Pierre Dufour, et son gouvernement doivent sortir de leur mutisme et dire clairement s’ils vont jouer un rôle actif pour s’assurer que cette filière continue de fournir des emplois en régions, enchaîne le leader syndical. Il n’y a pas de raison de rester les bras croisés et de regarder certaines usines mourir à petit feu comme nous le faisons depuis plus de 10 ans. »

Les industriels réclament depuis la mise en place du nouveau régime forestier une baisse du coût de la fibre qui est considérée comme l’un des plus élevés des économies forestières. Selon Louis Bégin, cette baisse du coût de la fibre ne sera pas suffisante pour maintenir les emplois en région si Québec n’identifie pas de stratégie de transformation vers de nouveaux produits.

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GAUDREAULT DÉÇU DE NE PAS POUVOIR QUESTIONNER PFR

(SB) – Le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, voulait entendre Produits forestiers Résolu (PFR) lors des auditions sur le projet de loi 50 avant la fin de la session parlementaire, mais il devra patienter jusqu’à la fin août.

« C’est présentement que c’est chaud. C’est présentement que les deux machines sont fermées à Alma [la 9 et la 10], que des travailleurs sont au chômage et que l’on doit faire l’évaluation des investissements passés de PFR en vertu du bail de la Shipshaw et que l’on doit établir les investissements futurs », explique-t-il en entrevue.

Sylvain Gaudreault déplore le temps perdu dans ce dossier. Il reproche un manque de volonté de la part d’Andrée Laforest, députée de Chicoutimi, et Éric Girard, député de Lac-Saint-Jean, qui auraient pu plaider davantage la cause des travailleurs auprès de Simon Jolin-Barette, selon lui.

« On est passé à côté d’une occasion. On aurait pu questionner PFR pour savoir ce qui en est, et se mettre tout de suite à l’ouvrage cet été. »

Le projet de loi 50 concerne la location d’une partie de la force hydrique de la rivière Shipshaw. En échange, PFR doit réaliser des investissements dans ses installations qui totalisent 100 M$ sur 10 ans.