Le directeur général par intérim de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, Jean-François Pressé, croit que l’arrivée de Métaux BlackRock à La Baie aura des répercussions positives sur l’ensemble de la formation professionnelle en région. Le programme de Fonderie risque fort de connaître une hausse du nombre d’inscriptions, à 18 mois de l’ouverture de l’usine.

La CS des Rives en mode séduction

L’implantation d’une usine par Métaux BlackRock à La Baie fait saliver les commissions scolaires (CS) de la région, qui anticipent l’explosion des inscriptions dans certains programmes de formation professionnelle. C’est notamment le cas de la CS des Rives-du-Saguenay, la seule de la région à offrir une formation en fonderie.

La minière a déjà fait part de son important besoin de main-d’oeuvre dans un horizon de 18 mois. Des discussions ont eu lieu entre des représentants de BlackRock et des commissions scolaires régionales, lesquelles ont joint le consortium Formation Québec en réseau (FQR) pour unir leurs forces et s’assurer de pouvoir combler les besoins de l’entreprise. Pour le directeur général par intérim de la CS des Rives-du-Saguenay, Jean-François Pressé, il s’agit d’une opportunité unique pour la formation professionnelle au Saguenay-Lac-Saint-Jean et pour l’organisation qu’il dirige. Les retombées seront majeures pour les établissements de formation et l’arrivée de BlackRock contribuera à valoriser le DEP, particulièrement celui en fonderie.

«C’est une belle occasion pour la région de faire valoir ses possibilités. Pour nous, Fonderie sera un élément clé et on sera très sollicités pour mettre à contribution notre programme de formation. Nos équipes sont en préparation et sont en train d’établir des stratégies pour répondre aux besoins en main-d’oeuvre de BlackRock. On va être prêts», a-t-il fait valoir, au cours d’une entrevue réalisée au lendemain d’une annonce livrée par le gouvernement du Québec, qui a offert un appui financier de près de 250 millions $ à l’entreprise.

À ce stade, il est approprié de dire que les astres sont alignés puisque la durée de la formation en Fonderie est d’environ 18 mois. C’est à ce moment que BlackRock devrait avoir besoin de personnel.

«On mise beaucoup sur ce type d’annonce pour promouvoir nos programmes. Il y a un très bel avenir au niveau de la fonderie. Plusieurs corps d’emploi seront requis et d’autres programmes, comme soudage, mécanique lourde et administration, seront aussi convoités», prévoit Jean-François Pressé.

BlackRock et la CS des Rives-du-Saguenay se parlent depuis plusieurs mois. C’est toutefois le consortium FQR qui fournira les services de main d’oeuvre à l’entreprise, le moment venu de procéder à l’embauche.

En pleine révision, le programme Fonderie, dispensé au CFP du Fjord, correspond en tous points aux besoins de main-d’oeuvre de Métaux BlackRock.

Bénéfique
La commission scolaire est persuadée que l’annonce de l’investissement majeur de Québec, laquelle vient confirmer le sérieux et l’ampleur du projet, aura un impact sur le nombre d’inscriptions en Fonderie au CFP du Fjord dès cette année. Les cours commencent la semaine prochaine, mais la CS acceptera les inscriptions tardives.

En attendant l’ouverture de l’usine de Grande-Anse, le programme de fonderie poursuit sa refonte.

«Les besoins en entreprise sont importants, mais on entendait souvent les employeurs nous dire qu’il manquait un petit quelque chose pour que la formation soit réellement adaptée aux besoins du marché du travail d’aujourd’hui. C’était une priorité pour nous de revoir l’offre», pointe Jean-François Pressé.

Comme les PME régionales s’arrachent littéralement les finissants en Fonderie, n’y a-t-il pas lieu de craindre que le fait de subvenir aux besoins de BlackRock corresponde à déshabiller Pierre pour habiller Paul? Au contraire, estime le DG par intérim de la CS des Rives-du-Saguenay, qui pointe que les nouveaux diplômés n’opteront pas tous nécessairement pour un emploi au sein de la minière. Des diplômés expérimentés, qui oeuvrent déjà en entreprise, pourraient être tentés de faire le saut, laissant ainsi des postes vacants pour la relève. En fait, Jean-François Pressé pense que c’est tout l’écosystème des PME régionales qui profitera de l’engouement renouvelé pour la fonderie et d’autres programmes de formation professionnelle.

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«DE LA MUSIQUE À NOS OREILLES»

Métaux BlackRock évalue à environ 300 le nombre d’emplois directs qui seront créés lors de l’ouverture de l’usine baieriveraine en 2020. Cela exclut la chaîne de sous-traitants qui viendra se greffer aux activités de l’entreprise.

«On a été étonnés, en cours de route, d’apprendre qu’il y avait une école de fonderie à La Baie, directement dans notre cour. On ne le savait pas et ç’a été comme de la musique à nos oreilles. C’est une bénédiction. Ils sont à côté de chez nous et ils sont en pleine transformation pour remettre leur programme au goût du jour. Pour nous qui voulons construire l’usine la plus moderne au monde, c’est formidable», dit le directeur régional et porte-parole de Métaux BlackRock, David Dufour. 

Un partenariat a été conclu avec la CS des Rives-du-Saguenay, mais la plupart des tractations entourant l’embauche se feront par l’entremise du consortium FQR. C’est donc l’ensemble des étudiants des commissions scolaires, des cégeps et de l’université régionale qui pourront être considérés.

«Nous avons signé un protocole d’entente avec Formation Québec en réseau. On ne voulait pas mettre les établissements d’enseignement en compétition alors c’est pour ça qu’un guichet unique sera créé», confirme David Dufour. Le volet embauche sera administré par le département des ressources humaines de Métaux BlackRock. David Dufour rappelle que le type d’emplois requis dans l’usine sera comparable à ce que l’on retrouve dans les alumineries. Divers champs d’activité seront donc sollicités