Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a prononcé une longue allocution devant les membres de la Chambre de Commerce de Saguenay-Le Fjord.

La croissance économique passera par l’immigration

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, considère que la démographie est devenue l’un des enjeux les plus importants pour le Québec et la région, alors qu’il faudrait pas moins de 100 000 travailleurs à très court terme pour soutenir la croissance économique.

De passage devant la Chambre de Commerce de Saguenay-Le Fjord, le député de Roberval s’est attardé à cet aspect important qui commence à causer des maux de tête aux entreprises, qui peinent à recruter des travailleurs. Le ministère de l’Immigration est donc passé d’un ministère à vocation sociale à un ministère à vocation économique.

« Pour l’Immigration, il faut avoir un discours plus positif », a martelé Philippe Couillard pour attaquer subtilement la CAQ qui prône un ralentissement de l’immigration. « Un discours contre l’immigration est un discours antiéconomique », a repris le premier ministre devant les gens d’affaires qui comprennent bien l’importance pour la région d’avoir accès à de nouveaux bassins de main-d’œuvre.

Le Québec accueille au moins 35 000 immigrants investisseurs et travailleurs sur une base annuelle. Les besoins en main-d’œuvre sont de l’ordre de 100 000 travailleurs. Les chiffres cités par d’autres formations politiques de l’ordre de 50 000 immigrants comprennent les réfugiés et les immigrants accueillis pour la reconstitution des familles.

La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean aura deux fonctionnaires pour assurer le travail de liaison. Ces personnes feront le lien entre les besoins des entreprises et les possibilités d’avoir recours à des travailleurs étrangers. « On savait qu’il y aurait un problème, mais il s’est produit plus vite en raison de la bonne performance économique du Québec », a affirmé le premier ministre.

Il a d’ailleurs fait référence à plusieurs reprises à cette performance économique. Il affirme que le Québec est aujourd’hui dans une très bonne situation et réussit à emprunter sur les marchés à des taux plus bas que l’Ontario, une situation que pas une seule personne dans la salle n’a connue de son vivant.

Dans la même veine, le premier ministre rappelle que le Québec a les moyens d’intervenir dans les dossiers économiques majeurs en raison de la bonne santé des finances publiques. Il a signifié aux médias que l’affaire n’avait pas attiré l’attention, mais avait son importance. Le poids de la dette québécoise est ainsi passé sous la barre des 50 % du PIB de la province.

Le premier ministre du Québec a tout de même des inquiétudes même si tous les indicateurs économiques sont favorables. Il n’aime pas ce qu’il voit au sud de la frontière, alors que le président américain semble s’engager dans une guerre commerciale de jour en jour. « Il n’y a jamais de gagnant dans une guerre commerciale et ça commence à se faire sentir même aux États-Unis », croit le premier ministre.

« Donald Trump a des politiques qui menacent nos travailleurs et nos agriculteurs. Il le dit lui-même et je le prends au sérieux. Le Canada exporte pour 37 % de son PIB aux États-Unis et nous représentons 3 % du PIB américain », résume le premier ministre pour démontrer l’écart entre les deux pays.

Le premier ministre identifie d’autres menaces sur l’économie québécoise qui proviennent cette fois d’Ottawa. Il s’agit des dispositions de la Loi sur les espèces menacées et des politiques fédérales de rétablissement de l’habitat du caribou forestier et du béluga. Philippe Couillard a réitéré devant la Chambre de Commerce qu’il ne perdra pas un seul emploi dans l’industrie forestière pour un caribou forestier. Il rappelle son devoir de protéger les travailleurs de la forêt ainsi que leur famille.

Le député de Roberval entend tenir tête à Ottawa dans ce dossier qui pourrait se transformer en confrontation juridique entre les provinces et le gouvernement canadien. Le chef du parti libéral a aussi assuré qu’il interviendra rapidement si jamais les fonctionnaires du gouvernement du Québec pliaient aux demandes fédérales d’imposer la norme du seuil maximal de perturbation (coupe) de 35 %.

Le premier ministre évoque les mêmes avertissements pour le béluga dans le Saguenay, alors qu’il y a des projets miniers dans l’air avec une augmentation du transport maritime en perspective pour les prochaines années. Il a cité en exemple la fermeture de la pêche au homard deux semaines plus tôt pour la baleine noire qui représente des pertes majeures pour les pêcheurs.

Philippe Couillard a énuméré les principaux enjeux du Québec, alors que l’économie roule sur les chapeaux de roue pendant que le président américain Donald Trump menace les agriculteurs et les travailleurs avec sa guerre commerciale. Il en a d’ailleurs discuté avec le président régional des producteurs de lait, Daniel Gobeil.

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ANNONCE IMMINENTE

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean doit s’attendre à une annonce économique importante, au cours des prochaines semaines (mois), alors que Québec et Rio Tinto négocient en ce moment une entente globale.

Le premier ministre Philippe Couillard a vendu la mèche devant la Chambre de commerce, lundi, en affirmant dans un premier temps qu’il y avait des négociations. Les représentants de Rio Tinto qui assistaient à l’événement ont refusé de commenter cette déclaration du premier ministre.

Interrogé sur la nature précise des négociations pendant le point de presse qui a suivi son allocution, Philippe Couillard est demeuré vague, tout en réitérant qu’il y avait des discussions. 

« Nous négocions une entente globale », a-t-il spécifié quand on a soumis au premier ministre des projets spécifiques comme AP60 ou Alma 2.

Le premier ministre a été précédé à la tribune par le préfet Gérald Savard, président de la table régionale des préfets. Ce dernier en a profité pour dévoiler les grandes priorités identifiées par la table des préfets.

Dès le début de sa prestation, le député de Roberval s’est empressé d’informer l’auditoire que le gouvernement du Québec endosse ces quatre grandes priorités qui se résument au prolongement du réseau de gaz naturel sur la rive nord du Saguenay jusqu’à Dolbeau-Mistassini, la modernisation de la ligne de chemin de fer entre Chibougamau et Saguenay, la réalisation de la route 70 entre Alma et La Baie et l’amélioration des communications pour le milieu rural (Internet et cellulaire).

« Pour la route 170, on va compléter jusqu’à La Baie pendant le prochain mandat et entreprendre la fin du trajet vers Alma », a précisé le député de Roberval en soulignant le travail réalisé par le député de Dubuc Serge Simard dans ce projet.

En matière de communication, il est impératif pour le gouvernement de s’assurer qu’il y ait un service de téléphone cellulaire partout au Québec. Philippe Couillard ne voit pas comment on peut envisager le développement des communautés rurales sans cet outil essentiel.

Les enjeux sont différents pour tout le dossier du chemin de fer. Il y a une responsabilité fédérale dans ce service et aussi une entreprise privée qui veut exploiter des voies ferrées rentables, ce qui nécessite des clients. Malgré cette responsabilité fédérale, le député de Roberval affirme que le gouvernement du Québec jouera son rôle en mettant en présence les principaux acteurs.

Le premier ministre avait finalement une bonne nouvelle pour la mairesse Josée Néron. Le stade couvert de soccer devrait être confirmé bientôt pour l’arrondissement Jonquière et Québec attend le dépôt du projet d’amphithéâtre.