La travailleuse de rang Sandra Allaire ne cache pas que la COVID-19 peut représenter une préoccupation supplémentaire pour les agriculteurs.
La travailleuse de rang Sandra Allaire ne cache pas que la COVID-19 peut représenter une préoccupation supplémentaire pour les agriculteurs.

La crise, une préoccupation supplémentaire pour les agriculteurs

La travailleuse de rang du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Sandra Allaire, ne reçoit pas plus d’appels d’agriculteurs depuis que la crise de la COVID-19 paralyse la région. Elle confirme toutefois qu’il s’agit d’une préoccupation supplémentaire qui s’ajoute aux difficultés déjà vécues.

« Il ne m’appelle pas juste pour ça. Le virus est un ajout », dit-elle d’entrée de jeu, donnant comme exemple l’isolement, qui était déjà problématique pour certains. Et là s’ajoute l’angoisse liée au temps de confinement.

L’incertitude entourant la durée de la crise peut inciter certains agriculteurs à mettre des projets sur pause et même à les remettre à l’an prochain.

« Certains sont en transformation et là, ils sont tous sur pause. Est-ce qu’ils se préparent comme d’habitude ? Des événements ont dû être annulés et d’autres cherchent des solutions pour s’adapter à la situation. D’un autre côté, des agriculteurs sont très confiants et se préparent à recevoir des familles de la région cet été pour leur offrir un endroit paisible et accueillant après la crise », explique Mme Allaire.

Cette dernière ne cache cependant pas que certains agriculteurs peuvent être fatigués et même ressentir de la colère. Pendant que le Québec est sur pause, ils doivent continuer à travailler alors qu’ils auraient eu envie, mais surtout besoin, d’en faire autant.

« Certains travailleurs auraient aimé prendre une pause avec leur famille. Pour les producteurs et productrices qui ont de jeunes enfants d’âge scolaire à la maison, ça peut représenter une difficulté d’effectuer les travaux sur la ferme », reconnaît Mme Allaire, ajoutant que des agriculteurs tentent également de faire leur part en essayant de trouver une solution pour aider les citoyens qui pourraient manquer de denrées alimentaires.

Un service apprécié

En poste depuis juillet 2019, Sandra Allaire dit avoir été très bien accueillie par les producteurs agricoles de la région.

« Je sens que j’ai ma place. Les agriculteurs étaient prêts à être mieux, avance-t-elle. Ils ont envie de prendre soin d’eux et ils ont embarqué dans le bateau. On est en 2020 quand même, alors ils veulent avoir un certain bien-être. Je ne sens pas de tabous envers les intervenants », dit celle qui se considère maintenant comme « une amie de toute la famille ».