Élise Gauthier est présidente de l’exécutif du Bloc québécois de la circonscription Chicoutimi-Le Fjord et porte-parole du parti dans la région.

La crise au Bloc québécois frappe la région

La crise qui déchire le Bloc québécois secoue également le Saguenay-Lac-Saint-Jean. La participation de la formation politique à l’élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord est remise en question par certains membres, tout comme l’adhésion même au parti, alors que l’intégration au nouveau groupe parlementaire formé des sept députés démissionnaires sera évaluée.

Toutes les options se retrouvent présentement sur la table et seront étudiées de concert avec les membres de l’exécutif de Chicoutimi-Le Fjord et en consultant les membres régionaux du Bloc québécois, qui en compte environ 1500 au Saguenay-Lac-Saint-Jean, a souligné Élise Gauthier, présidente de l’exécutif de la circonscription et porte-parole du parti dans la région, à l’occasion d’une entrevue accordée au Quotidien, dimanche.

« Je ne crois pas avoir le financement pour faire une excellente campagne, a-t-elle laissé tomber. De quel côté on s’en va ? Est-ce qu’on reste au Bloc, ou est-ce qu’on s’en va avec les sept députés qui sont démissionnaires et qui ont formé un nouveau groupe parlementaire ? [...] Il faut voir de quel bord on va décider d’aller. Et ça, je ne peux pas prendre cette décision-là toute seule. »

Réunion et consultation

Une réunion avec l’exécutif devrait avoir lieu cette semaine ou au début de la semaine prochaine. Mme Gauthier a discuté dans les derniers jours avec de nombreux militants, de même qu’avec le candidat du parti qui devait être dévoilé prochainement en vue de l’élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord.

« J’ai laissé passer la semaine, parce qu’il y avait trop d’émotions », a précisé celle qui n’a pas échangé jusqu’à maintenant sur la situation avec la chef Martine Ouellet.

Une conférence de presse sera ensuite tenue pour informer les membres et la population des options envisagées. La région doit, selon elle, prendre position dans cette crise de leadership qui ébranle le Bloc québécois. Mme Gauthier refuse de se prononcer personnellement, elle qui souhaite avant tout consulter et écouter ses membres régionaux, sans précipiter les choses.


« De quel côté on s’en va ? Est-ce qu’on reste au Bloc, ou est-ce qu’on s’en va avec les sept députés qui sont démissionnaires et qui ont formé un nouveau groupe parlementaire ? »
Élise Gauthier

Situation difficile

La situation est particulièrement difficile pour cette bénévole de la première heure, membre du premier exécutif formé par le fondateur du Bloc québécois, Lucien Bouchard, et ancienne candidate de la formation politique. 

« Je ne peux pas m’imaginer que mon parti va finir comme ça. Pour moi, c’est impensable qu’un parti politique ferme ses livres de cette manière-là. Ce n’est pas respecter les membres, et surtout, ce n’est pas respecter les bénévoles », a-t-elle livré, avec émotion.

« Ça me fait mal, ça me fait énormément mal », a-t-elle ajouté, disant avoir les larmes aux yeux.

Élection partielle

Élise Gauthier doute de la capacité du Bloc québécois, dans ce contexte, à mener une élection partielle. Elle estime les coûts de l’exercice à 40 000 $, des coûts plus importants qu’en élection générale, notamment en raison du prix plus élevé des pancartes électorales, faute de volume.

Les troupes, maintenant démobilisées, n’attendaient que le feu vert pour aller de l’avant. « Une élection, ça ne se gagne pas en se divisant et en s’arrachant les cheveux sur la tête », a regretté Mme Gauthier, elle qui estimait que le Bloc québécois avait de bonnes chances de remporter l’élection partielle.