La CRÉ recule

La Conférence régionale des élus (CRÉ) va effectuer le travail de consultation sur les aires protégées, mais retiendra la proposition qui émanera de la Table régionale d'analyse en carence des aires protégées (TRACA) jusqu'à ce que le gouvernement du Québec ait fait connaître ses nouvelles orientations. La CRÉ se soumettra ainsi à la position adoptée mercredi par le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes et député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, ainsi qu'à la demande de la MRC Maria-Chapdelaine (voir autre texte).
La CRÉ a tenu, hier matin, une longue réunion de son comité exécutif, où il a évidemment été question des grandes inquiétudes du milieu politique jeannois face à la possibilité que la création des aires protégées se traduise par une réduction de 300 000 mètres cubes de la possibilité forestière. Une diminution qui fragiliserait sérieusement l'avenir des scieries Arbec de l'Ascension et Petit-Paris de Saint-Ludger-de-Milot.
« Avec le signal clair reçu ce matin (hier), voulant que le gouvernement du Québec souhaite prendre du recul dans ce dossier, je ne vois pas pourquoi le Saguenay-Lac-Saint-Jean se mettrait la tête sur le billot avant même qu'on nous ait offert des garanties de compensation en regard de notre possibilité forestière. Donc, tant et aussi longtemps qu'il ne nous sera pas présenté des solutions gouvernementales concrètes visant à annuler tout impact socioéconomiquement négatif dû à la finalisation du réseau des aires protégées et à la protection du caribou forestier, nous ne bougerons pas », a déclaré le président de la CRÉ et préfet de la MRC Lac-Saint-Jean, André Paradis.
Ce dernier affirme que cette position s'inscrit dans la logique des positions historiques de la CRÉ en lien avec la réduction de la possibilité forestière découlant des différentes politiques de protection du territoire.
« Comprenons bien que l'orientation que je prends aujourd'hui se fait sans égard à l'excellent travail de concertation fait par les membres de la TRACA, une table dont je suis également président. La CRÉ a toujours dit et répété qu'elle n'acceptera plus l'effritement de la possibilité forestière régionale. Nous serons donc conséquents avec nous-mêmes et continuerons nos revendications et nos travaux en vue d'augmenter la possibilité forestière régionale. Les gestes que nous poserons témoigneront de notre ferme volonté de continuer le développement de notre économie forestière », a repris le président de la CRÉ.
La position adoptée par le comité exécutif de la CRÉ, hier matin, constitue un virage à 90 degrés par rapport à celle adoptée par le même organisme lors de la rencontre tenue au Lac-Saint-Jean la semaine dernière. Lors de cet événement, la CRÉ, par la voix de son directeur général Marc Dubé, avait catégoriquement refusé d'envisager la possibilité de suspendre ou même de modifier les échéanciers menant au dépôt de la stratégie des aires protégées auprès du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs. Ce dépôt était prévu pour l'atteinte d'une superficie de 12 % de protection du territoire québécois qui est de 8 % en ce moment.
Tout indique que les positions exprimées par le maire de Saint-Félicien, appuyées de toute la MRC Domaine-du-Roy ainsi que celle du préfet de la MRC Maria-Chapdelaine Jean-Pierre Boivin ont pesé lourd dans la balance pendant l'exécutif d'hier matin.