Le duo d’architectes, qui ne peut sortir dans la ville de Dubaï, arrive tout de même à conserver une saine routine de vie en travaillant de la maison et en poursuivant les entraînements.
Le duo d’architectes, qui ne peut sortir dans la ville de Dubaï, arrive tout de même à conserver une saine routine de vie en travaillant de la maison et en poursuivant les entraînements.

La COVID-19 vécue à Dubaï pour Sophie Tremblay et Yoann Plourde

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Détecté dans la ville de Wuhan en Chine, le nouveau coronavirus a rapidement fait son chemin jusqu’aux quatre coins de la planète. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé l’état pandémique de l’éclosion de COVID-19 le 11 mars dernier. Le Quotidien s’est entretenu avec des Saguenéens et Jeannois d’origine, expatriés un peu partout sur la planète, afin de découvrir leur réalité alors que les mesures et les consignes en lien avec la maladie à coronavirus varient d’un pays à l’autre. Premier arrêt : Dubaï.

C’est loin de leurs proches, à Dubaï aux Émirats arabes unis, que le couple de Saguenéens formé de Sophie Tremblay et Yoann Plourde traverse la crise de la COVID-19. Si les mesures et consignes québécoises semblent drastiques pour certains, c’est dans un tout autre monde que vivent les deux architectes.

Après un couvre-feu imposé au cours des dernières semaines, les amoureux doivent maintenant conjuguer avec une complète interdiction de sortie, sauf en cas de besoin essentiel.

Yoann Plourde et Sophie Tremblay ne peuvent quitter leur appartement de Dubaï en raison de la pandémie de la COVID-19.

« Il faut demander une autorisation via Internet. On doit inscrire notre numéro de carte de résident, notre moyen de transport, notre numéro d’immatriculation. Ça ne prend que quelques minutes, mais nous devons le faire pour ne pas obtenir d’amende », raconte Sophie Tremblay, qui venait de compléter une toute première demande pour se rendre à l’épicerie.

Ayant quitté le Québec il y a déjà trois ans, le couple originaire de La Baie et de Chicoutimi-Nord suit tout de même de près la situation dans la province. L’incapacité de ne pouvoir rapidement rentrer au pays est ce qui inquiète le plus le duo. « Comme “expats”, c’est difficile de penser qu’on ne pourrait quitter rapidement le pays pour se rendre auprès d’un de nos proches qui pourrait en avoir besoin », souligne Yoann Plourde.

Malgré l’impuissance face aux milliers de kilomètres qui les séparent de leurs proches, le couple se réjouit que la santé soit au rendez-vous et qu’aucun membre de leur entourage ne soit malade.

Alors que le nouveau coronavirus gagnait de plus en plus de terrain aux quatre coins de la planète, le couple a été questionné par leurs proches quant à un éventuel retour au Québec. Comme ils le rappellent, ils ne sont pas dans la même situation que des touristes, car Dubaï est l’endroit où ils ont choisi de vivre.

Yoann Plourde et Sophie Tremblay ont été questionnés quant à un possible retour au Québec en raison de la COVID-19. Le couple rappelle que leur vie est à Dubaï depuis déjà deux ans.

Comme c’est le cas pour plusieurs personnes, cette crise planétaire aura au moins permis au couple d’être davantage en contact avec leur famille. Les appels téléphoniques et les échanges vidéos font maintenant partie de leur quotidien.

Face à cette pandémie, le couple se montre malgré tout positif. Comme ils le rappellent, ils sont en santé et poursuivent leur travail.

« On est ensemble, on a un bel appartement. On n’est pas à plaindre. Même si les consignes du gouvernement sont à prendre au sérieux, c’est pour le mieux. On se sent entre bonnes mains. Dans les circonstances, c’est mieux comme ça », affirme Yoann Plourde, qui se considère privilégié vu les circonstances.

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LE TRAVAIL CHAMBOULÉ

La vie professionnelle de Sophie Tremblay et de Yoann Plourde est, elle aussi, chamboulée par la COVID-19. Le couple d’architectes est en mode télétravail dans leur appartement de Dubaï depuis déjà trois semaines. 

Sophie Tremblay a remarqué certains ralentissements, dont un projet pour des clients chinois qui s’est retrouvé sur la glace en raison du contexte mondial. Toutefois, rien pour l’empêcher de craindre pour son emploi.

C’est tout l’inverse qui se produit pour son conjoint. Les dernières semaines ont été fort occupées pour Yoann Plourde.

« Les journées sont presque interminables. Le travail nous occupe de jour et de nuit. C’est comme s’il n’y a plus de structure depuis quelques semaines », confie celui qui se considère plus que chanceux de pouvoir continuer à travailler en pleine pandémie. 

Le Quotidien s’était entretenu avec le couple, en mars 2019, alors qu’il travaillait sur l’Exposition universelle à Dubaï. Une décision est attendue quant à la tenue de l’événement qui risque fort bien d’être reporté d’une année.