Le CIUSSS a procédé jeudi matin à une campagne de dépistage au CHSLD de la Colline de façon à freiner la propagation du virus.
Le CIUSSS a procédé jeudi matin à une campagne de dépistage au CHSLD de la Colline de façon à freiner la propagation du virus.

La COVID-19 en CHSLD ravive de mauvais souvenirs

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La confirmation d’un premier cas de COVID-19 au sein du personnel du CHSLD de la Colline pendat que la situation se détériore dans les milieux de vie pour personnes âgées dans la région a rappelé de très mauvais souvenirs dans ce milieu de travail. Le CIUSSS a déployé le soutien psychologique nécessaire, jeudi matin, afin de supporter les équipes.

Le président du syndicat FSSS-CSN des préposés aux bénéficiaires Gaston Langevin a fini sa journée de travail très tard mardi soir alors que les appels au syndicat se multipliaient. Les travailleurs et travailleuses de cette catégorie refusaient d’envisager de replonger dans un drame semblable à celui du printemps alors que 23 % des résidents sont décédés et près de 40 % des membres du personnel ont été infectés par le virus.

«Il ne faut pas croire que les préposés aux bénéficiaires ont peur de la maladie. Oui, c’est peut-être le cas pour certains, mais dans 90 % des cas, les préposés sont des gens engagés qui font ce travail parce qu’ils veulent servir et ils refusent de penser une seule minute qu’ils vont encore perdre des résidents. Ce sont des humains et ils s’attachent aux résidents. On oublie souvent cet aspect particulier de ce travail», explique le leader syndical, qui a été en contact avec l’employeur pendant une partie de la soirée.

Le calme est revenu pendant la journée de jeudi avec le déploiement des ressources pour supporter ceux et celles qui ont exprimé des besoins. «Pour notre monde, c’est leur travail de s’occuper des résidents et ils savent ce qu’ils doivent faire.»

Gaston Langevin espère que cet incident ne générera pas de commentaires déplacés à l’endroit du personnel des CHSLD. Il assure que dans chacun de ces centres, les travailleurs et travailleuses de la santé se font un devoir de bien porter les équipements pour protéger les résidents et se protéger.

Dans le cas spécifique du CHSLD de la Colline, certains employés ont mis de longues semaines à se remettre de la crise. Ils ont vu leur charge de travail augmenter (plusieurs centaines de quarts non comblés pendant plusieurs semaines) de façon démesurée en raison de la pénurie de main-d’œuvre et ils craignent à juste titre, selon Gaston Langevin, de replonger dans cet enfer.


« Nos membres, ce sont aussi des citoyens qui ont des vies. Ils respectent intégralement les consignes de sécurité sur les lieux de travail et le CIUSSS ne cesse de déployer des efforts pour que ces consignes soient suivies. Mais nos membres quittent le travail, vont à la garderie chercher les enfants et ont des conjointes ou conjoints qui eux aussi ont une vie. »
Gaston Langevin

«Quand ils sont à l’extérieur, enchaîne Gaston Langevin, ils sont exposés au virus et plus il circule dans la communauté, plus il y a de chance pour que le personnel finisse par introduire le virus dans son lieu de travail comme ça s’est produit à de la Colline.»

Le CIUSSS a procédé jeudi matin à une campagne de dépistage au CHSLD de la Colline de façon à freiner la propagation du virus. L’employé positif à la COVID-19 avait côtoyé des collègues de travail ainsi que des résidents avant d’éprouver des symptômes et d’informer son gestionnaire qui lui a demandé de passer un test.

CHSLD Jacques-Cartier 

Il n’y a pas que le CHSLD de la Colline qui soulève des inquiétudes. Gaston Langevin voit la situation se détériorer au CHSLD Jacques-Cartier alors qu’en fin d’après-midi, jeudi, le syndicat dénombrait de son côté six employés avec des tests positifs et 13 résidents pour 19 cas. Le CIUSSS dans son rapport quotidien qui remontait à 16h la veille indiquait 10 cas.

«Il y a eu l’embauche de 200 préposés aux bénéficiaires au cours des derniers mois. Il y avait avant la pandémie une pénurie du même ordre. C’est évident que si ça continue de s’introduire dans les CHSLD comme c’est le cas en ce moment, ça va devenir difficile.»

Pendant qu’il accordait l’entrevue au Quotidien, le leader syndical a été informé qu’un préposé du CHSLD l’Oasis du secteur de Dolbeau-Mistassini avait obtenu un test positif à la COVID-19. Il s’agit du premier employeur du secteur de la santé de cette MRC à obtenir un test positif à la COVID-19 depuis le début de la pandémie.

Il y a donc en ce moment des cas positifs à la COVID-19 dans six des 16 CHSLD de la région. Cependant, selon les critères du CIUSSS, deux CHSLD sont considérés comme des sites d’éclosion pour l’instant, soit Jacques-Cartier à Chicoutimi et Isidore-Gauthier à Alma. Les CHSLD Normandie, Roberval, l’Oasis et de la Colline sont sous surveillance alors qu’il n’y a eu jusqu’à maintenant qu’un seul cas confirmé pour chacun de ces établissements.

Le CIUSSS entrevoit visiblement que la situation risque de continuer de se détériorer dans la région dans les prochains jours et les prochaines semaines. Des professionnels en soins de l’hôpital d’Alma ont été informés qu’ils allaient devoir se déployer d’ici peu dans une nouvelle zone chaude en milieu hospitalier.

Dans le cadre de l’actuelle pandémie, l’hôpital de Chicoutimi avait été désigné comme étant le lieu de l’établissement de la zone chaude pour accueillir les cas d’hospitalisation pour la COVID-19. Il y a en ce moment 24 hospitalisations à Chicoutimi, dont quatre personnes aux soins intensifs. Il s’agit d’un sommet depuis le début de la pandémie tout comme les 51 cas confirmés jeudi par la Santé publique constituent un sommet.